La renaissance de Renée Zellweger

©Pathé Films

Son impressionnante interprétation de Judy Garland dans ce biopic consacré à la star de la MGM fait oublier les quelques années de passage à vide de Renee Zellweger, candidate à l’Oscar.

C’est un metteur en scène de théâtre anglais, Rupert Goold, qui s’est emparé de l’histoire de Judy Garland. Une Judy, dans ses années de lose, de dèche, d’alcoolisme, qui tenta un énième come-back sur une scène londonienne dans les années 1960 et mourut à l’âge de 47 ans. Judy Garland avait été une enfant-star des studios hollywoodiens. À treize ans, elle signa son premier contrat à la MGM. Louis B. Mayer lui promit qu’à vingt ans, elle serait millionnaire. Ce qui fut le cas.

"Judy"

De Rupert Goold

Note: 3/5

Avec Renée Zellweger, Finn Wittrock

Jessie Buckley, Rufus Sewell...

Rupert Goold n’a pas été avare en flash-backs sur la vie de Garland et la terrible dictature exercée par les studios sur leurs vedettes. Jusque dans le régime alimentaire auquel elles devaient se soumettre. Des années 30 à la fin des années 50, Judy Garland brilla à Hollywood – l’American film institute la classe huitième dans la liste des actrices de légende – mais elle ne sut jamais se débarrasser du cycle infernal des crises de boulimie et d’insomnie. Si, comme le lui avait asséné Louis B. Mayer, son job était de faire rêver les gens, sa vie passait le plus souvent pour un cauchemar.

Six années sans tourner

Le film ne cache rien de cela. Il rappelle quelque peu "Stan et Ollie", sorti l’an passé, qui retraçait la tournée anglaise de Laurel et Hardy dans les années 50. Tout comme lui, "Judy" est de facture classique. Et n’est certes pas à la hauteur des mythiques "Le Magicien d’Oz" et "A Star is Born" qui firent la gloire de Judy Garland. Il est, néanmoins, bien documenté et très émouvant. Et ça, c’est le job de Renée Zellweger.

La comédienne texane n’a pas voulu caricaturer Garland. Son histoire trouvait un écho en elle. Elle fut portée au firmament dans les années 90 et 2000 par des films comme "Jerry Maguire", "Cold Mountain" (pour lequel elle remporta l’Oscar) et la saga des "Bridget Jones". Elle fit partie de la galaxie Miramax et fut éclaboussée par l’affaire Weinstein. Très silencieuse lors de la vague MeToo, elle nia, plus tard, avoir cédé aux avances du producteur. Durant six ans, Renée ne reprit pas le chemin des studios. Elle réalisa, grâce à son psy, qu’elle avait une dépression.

En 2014, elle dut affronter un bashing sur les réseaux sociaux et dans les médias qui l’accusait d’avoir eu recours à la chirurgie esthétique. Aujourd’hui, Renée Zellweger est une star qui renaît. Hollywood raffole de ce genre d’histoires. Le parallèle entre Judy et Renée semble inévitable. L’époque est, bien sûr, fort différente. Le cinéma propose, aujourd’hui, quelques rôles de choix aux actrices ayant dépassé la cinquantaine et la télévision leur permet aussi de travailler dans des séries de qualité.

JUDY Bande Annonce VF

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés