LaCinetek rend hommage à Chantal Akerman

Chantal Akerman ©Cinetek

Elle pensait que la frontière entre la fiction et le documentaire était poreuse et aussi qu’une caméra se comparait à un stylo. Décédée en 2015, la réalisatrice Chantal Akerman est à l’honneur sur la plateforme LaCinetek du 25 janvier au 15 mars.

Lorsqu’en 2019, la BBC établit la liste des cent meilleurs films, en langue étrangère, du cinéma mondial, c’est un film de Chantal Akerman qui se classa en quatorzième position. Son titre, "Jeanne Dielman, 23 Quai du Commerce, 1080 Bruxelles". Il est de ceux que les étudiants en cinéma étudient toujours. Et l’un de ceux que des réalisateurs comme Gus Van Sant et Michael Haneke citent parmi leurs plus grandes influences. Dans ce film de 1975, Akerman montrait, pratiquement en temps réel, le quotidien d’une femme entre deux âges, épluchant des légumes dans sa cuisine, s’occupant de son fils, et faisant des passes pour boucler ses fins de mois. Et c’était la très distinguée Delphine Seyrig qu’elle avait choisie pour ce rôle. Une féministe comme elle.

Retour sur Jeanne Dielman, 23 quai du commerce, 1080 Bruxelles après 45 ans

LaCinetek, la plateforme créée par des réalisateurs avec la Cinematek, a retenu dix films de la réalisatrice bruxelloise. En plus de son mythique "Jeanne Dielman", la liste comprend "Les Rendez-vous d’Anna", traité comme un road-movie ferroviaire, "Golden Eighties", tourné Galerie de la Toison d’Or et qui permit à Lio de décrocher son premier rôle au cinéma, "La Captive", inspiré par "La Prisonnière", le roman de Proust… mais aussi des œuvres créées spécialement pour la télévision comme "L’homme à la valise" et "Lettres d’une cinéaste".

La plupart de ces films sont proposés dans une version restaurée. Outre ce choix, dans lequel ne figure pas son film le plus populaire, "Un divan à New York" avec Juliette Binoche et William Hurt, LaCinetek proposera les cinquante films qui ont influencé et façonné Akerman. Parmi eux, "Pierrot le Fou" de Godard mais aussi des films de Bresson et Tati.

Akerman demeure la réalisatrice belge la plus connue en dehors de nos frontières.

Dans les yeux de sa mère

L’œuvre de Chantal Akerman ainsi que sa vie furent marquées par la Shoah. Née à Bruxelles en 1950, elle porta toute sa vie le fardeau douloureux que connaissent, hélas, les enfants et petits-enfants des parents juifs déportés dans les camps de la mort. Sa mère avait survécu à Auschwitz, ses grands-parents y sont morts. Sa mère, figure centrale de sa vie et récurrente dans ses films, décéda en 2014. Chantal choisit de se donner la mort un an plus tard. Son dernier film s’intitulait "No Home Movie" et sa mère, Natalia Akerman, en était le personnage principal.

Outre ce drame, la réalisatrice souffrait aussi du peu de succès que remportaient ses derniers films, jugés soit trop hermétiques, soit trop "intellos", et de la difficulté qu’il y avait à les financer. Cependant, elle demeure la réalisatrice belge la plus connue en dehors de nos frontières. Et l’on se demande bien pourquoi il n’existe pas, à Bruxelles, une rue ou une place portant son nom. À Paris, dans le 20e arrondissement où elle vécut ses dernières années, une allée a été rebaptisée en son honneur, l’Allée Chantal Akerman.

Hommage à Chantal Akerman sur LaCinetek, en coproduction avec la Cinematek.
Plus d’infos sur lacinetek.com.

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