"Lady Bird", chronique d'une ado californienne

©Universal pictures

"Lady Bird", le premier film en tant que réalisatrice de Greta Gerwig, a tout pour devenir culte pour les millenials. Une très bonne histoire, des dialogues qui pétillent, des acteurs adorables et justes. Le gros crush du printemps.

"Lady Bird"

Note : 5/5

De Greta Gerwig

Avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts, Timothée Chalamet…

Greta Gerwig s’est d’abord fait connaître comme actrice dans l’excellent "Frances Ha", de son comparse Noah Baumbach sorti en 2012. Ce tandem équivaut à Woody Allen pour la next generation. Depuis, on a suivi toutes les péripéties de la carrière de Greta Gerwig, une jeune trentenaire, devenue pilier du cinéma américain indépendant.

Un corps d’oiseau

Le premier film de Gerwig en tant que réalisatrice était un événement fort attendu. Si attendu que, cette année, il a obtenu le Golden Globe de la meilleure comédie et celui de la meilleure actrice pour sa principale interprète Saoirse Ronan. Mais ce n’était pas encore assez. Greta Gerwig fut également la seule femme nominée aux Oscars dans la catégorie des meilleurs réalisateurs, ce qui n’était pas la moindre de ses cinq nominations.

"Lady Bird", dont elle a également écrit le scénario et les dialogues, est la chronique d’une adolescente de Sacramento. Elle se concentre sur la dernière année de ses études secondaires. Dans la voiture qui l’emmène vers son lycée catho, elle écoute, avec sa mère, "Les Raisins de la Colère", de John Steinbeck et toutes les deux fondent en larmes. C’est juste après ça que la jeune fille décide de se faire appeler Lady Bird. Avec un tel pseudo, elle pourra vivre quelque chose de fort et plutôt sur la Côte Est que sur la Côte Ouest. À New York et si pas là, au moins dans le Connecticut…

Bande-Annonce

Dès les premières minutes, on se prend d’affection pour ce personnage qui cite Joan Didion, porte un plâtre rose au bras droit et se dessine avec un corps d’oiseau. L’action se déroule en 2002 et comme le dit Lady Bird, la seule chose intéressante avec 2002, c’est qu’il s’agit d’un palindrome.

Dans sa famille modeste, la mère est infirmière et le père au chômage. "Je suis comme Keith Richards, je suis juste content d’être en vie", dit-il. Au lycée, Lady Bird est une originale qui mange les hosties comme des chips et en pince pour un gars qui veut avoir des boucles pour ressembler à Jim Morrison. Jusqu’à ce qu’elle découvre l’existence d’un beau ténébreux qui lit des livres en français et joue dans un petit groupe de rock. Et qui est interprété par Timothée Chalamet. Autant dire qu’il est irrésistible.

 

La meilleure version de soi-même

Saoirse Ronan, qui n’a pas le physique d’une cheerleader californienne, est parfaite dans ce rôle d’ado. Insolente mais pas vraiment révoltée, originale mais pas vraiment punk. Une gamine de 17, 18 ans qui aime ses parents, choisit d’étudier le théâtre plutôt que l’agronomie et se remet très vite de ses déceptions amoureuses. Et si parfaitement et adorablement portraitisée par Greta Gerwig qu’on devine que cette ado de 2002, c’est forcément un peu elle. Ou la meilleure version de ce qu’elle était, alors. Car, c’est ce que sa mère a rêvé pour elle. Que Lady Bird devienne la meilleure version de soi-même. Peu importe le chemin qu’elle choisisse.

Des teen-movies, il y en a eu quelques-uns ces derniers temps, mais aussi tendres et drôles que celui-ci, il n’y en a pas. C’est pourquoi, "Lady Bird" est appelé à devenir culte. Et pas seulement pour les millenials, en fait. S’il y a un film dont on peut tomber amoureux comme à 17 ans, c’est bien de celui-ci.

Laurie Metcalf, qui interprète la mère attentionnée mais étouffante de "Lady Bird", était l'une des nominées pour le meilleur second rôle féminin aux derniers Oscars. ©Universal pictures

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