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"Le capital au XXIe siècle" | Si l'argent ne fait pas le bonheur... rendez-le!

©doc

Betv nous propose le documentaire inspiré par le best-seller de Thomas Piketty: comment et pourquoi 90% de la richesse s'est-elle concentrée dans les mêmes mains? Que faire pour éviter que cette concentration contre nature ne mette à mal tout le système?

On a parfois attaqué l'économiste Thomas Piketty sur ses chiffres. Un peu moins depuis que sa brique de presque 1000 pages est devenu, avec 2,5 millions d'exemplaires vendus, un best-seller mondial. Il n'en demeure pas moins que ses thèses sont aujourd'hui largement acceptées – thèses qui existaient déjà sous la forme d'un adage populaire: l'argent attire l'argent.

Thomas Piketty ©AFP

L'intérêt de ce documentaire réalisé par le Néo-Zélandais Justin Pemberton et très richement produit, c'est qu'il ne répond pas à l'esthétique qu'on aurait pu imaginer. Loin du pensum trop chiffré à tendance larmoyante, il est très dynamique, très distrayant, et rempli de belles images qui claquent.

Rappel historique illustré

Pour nous refaire tout l'historique de l'argent (et de la domination par l'argent), les interviews des spécialistes sont illustrées non par des images d'archives (difficile pour tous les siècles avant le XXe), mais par des extraits de films de fiction. Pour comprendre la pression féodale du seigneur sur ses serfs, un bon petit film de cape et d'épée. Pour la grande dépression de 1929, quoi de plus parlant qu'un extrait glaçant des "Raisins de la colère" de Steinbeck, adapté par John Ford? De même, on n'hésitera pas à nous resservir la célèbre tirade "greed is good" de Gordon Gekko (incarné par Michael Douglas dans "Wall Street" en 1987) sur l'importance d'être vorace.

Le film ne se contente pas d’aborder l’économie. Histoire, anthropologie et même psychologie sont au programme.

Autre intérêt du film: il ne se contente pas d'aborder l'économie. Histoire, anthropologie et même psychologie sont au programme. La psychologie, avec cette passionnante expérience menée avec des étudiants de Berkeley, invités à jouer au Monopoly à deux vitesses. Suite à un tirage au sort, certains joueurs ont un seul dé, les autres deux. Les "avantagés" se mettent à parler plus fort, manger plus de bretzels, compter l'argent des autres... et se montrer peu à peu méprisants. À l'issue de la partie – où les avantagés gagnent systématiquement –, très rares sont ceux à admettre que leur victoire est due au tirage au sort initial. Ils pensent surtout avoir "bien joué".

Petit bémol: il faut presque une heure de film pour que le rappel historique se termine et qu'on rentre dans le vif du sujet: comment faire? Mais c'est vrai qu'il y a beaucoup à dire. Au passage, on nous aura rafraîchi la mémoire sur le New Deal de Roosevelt, qui reprend discrètement des idées très socialistes, en plein pays de l'oncle Sam (réforme des marchés financiers, aides d'urgence, participation active de l'état à l'économie). Intéressant aussi de rappeler que l'ultra libéralisme de Reagan et Thatcher, avec sa promesse de ruissellement de l'argent, n'a jamais vraiment fonctionné.

Documentaire

 ♥ ♥ ♥

"Le capital au XXIe siècle"

De Justin Pemberton

Sur Betv (Be Ciné) le 16 décembre à 20h30, puis à la demande

Alors que faire?

Face caméra, Piketty brise un tabou, et il a l'air sincèrement désolé. Il faudra bel et bien se résoudre à taxer le capital. Grâce aux paradis fiscaux, des dizaines de milliers de sociétés parmi les plus riches du monde échappent à l'impôt, avec des sommes colossales qui sortent du système. Il faut calculer autrement les produits taxables, pas sur le lieu d'implantation de la société (offshore), mais sur celui de la vente. Autre problème: contrairement à une idée reçue, l'argent sert très peu à nourrir l'innovation, il circule toujours entre les mêmes personnes, physiques ou morales. Les chiffres le prouvent: le fossé se creuse exponentiellement entre les super riches et tous les autres, classe moyenne comprise.

Résultat: baisse de la qualité de vie (et même de l'espérance de vie), avec les célèbres deux tiers des habitants des pays "développés" qui seront plus pauvres que la génération précédente. Pour éviter le repli, ethnique et religieux, le triomphe des extrêmes et la montée de la violence, une seule solution, nous dit le film: rendre à la collectivité quelques pour-cent par an. Le prix de la paix?

Bande-annonce "Le capital au XXIe siècle"

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