chronique

"Le ciel flamand": le film belge très attendu

"Le ciel flamand": un film à la lisière entre le quotidien et le film d'enquête. On le rapproche de "Rundskop", c'est dire...

"Le ciel flamand" De Peter Monsaert.

Avec Sara Vertongen, Wim Willaert, Esra Vandenbussche…

Note: 4/5.

Après le phénomène "D’Ardennen", le cinéma flamand revient par la petite porte, avec ce film intimiste, qui touche en plein cœur.

Quand la petite Eline, 6 ans, revient de l’école, souvent sa maman la fait attendre dans la voiture. Car ladite maman travaille dans une villa appelée "Le ciel flamand", où des hommes malheureux viennent recevoir des câlins. Alors c’est Oncle Dirk, un chauffeur de bus, qui s’occupe d’elle et l’emmène faire de la balançoire à la friterie. Mais ce jour-là, Eline sort de la voiture. Attirée par des cris, elle entre dans la villa et tombe sur un homme qui lui parle gentiment. Elle le suit… Lorsqu’Oncle Dirk la retrouve quelques heures plus tard et la rend à sa mère, Eline n’a pas envie de raconter ce qui s’est passé avec le monsieur.

©rv

De longs plans d’une beauté à couper le souffle. Un traitement du son tout en nuance: parfois doux et enveloppant; parfois aigu, voire aiguisé. Des personnages qui ne se dévoilent que petit à petit. Mais jamais – au grand jamais – l’ombre d’une pause auteuriste. L’histoire avance. Les profils se creusent. Le spectateur devient l’intime des lieux, des personnes, et se retrouve passionné par les enjeux.

"Le ciel flamand" - bande annonce

Pour retranscrire la quotidienneté, Wim Willaert fait une fois de plus merveille. L’acteur récompensé en début d’année par un Magritte pour "Je suis mort, mais j’ai des amis" a le don de faire exister les situations. À ses côtés, une petite fille elle aussi remarquable de justesse. Au final, un patchwork d’ambiances à la lisière entre la France et la Flandre. À la lisière aussi entre le quotidien et le film d’enquête, pour un mélange étrange et littéralement captivant.

 

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