Le shérif Woody est de retour dans Toy Story 4

Débarque Forky, un bricolage à partir d'une cuillère-fourchette jetable...qui prend conscience qu'il n'est qu'un déchet. ©The Walt Disney Company / Pixar Animation Studios

Avec ce "Toy Story 4", c’est un retour aux sources (créatives) de Pixar, avec l’arrivée de Forky, une cuiller-fourchette qui veut mettre fin à ses jours. Chatoyant, drôle, émouvant et… orienté jeune public.

"Toy Story 3", ne mâchons pas nos mots, est sans doute l’un des meilleurs films de ces 20 dernières années, tous genres confondus. Malgré le contexte enfantin des jouets – ou plutôt grâce à lui car l’enfance est aussi la période des peurs structurantes –, on y plongeait dans un univers parfois sombre, au milieu des chants et des rires. Et chacun se souvient encore de l’ours Lotso, qui prenait insidieusement le pouvoir dans la garderie pour enfants où les jouets avaient fini par échouer…

Quoi? Un protagoniste suicidaire dans le film pour enfants le plus attendu de 2019? Éh bien oui!

Reprendre, 9 ans plus tard, et en repartant d’une trilogie si adroitement conclue, c’est sans doute risqué. Et le challenge pour Disney/Pixar aujourd’hui, c’est d’éviter l’épisode de trop. La stratégie avouée: d’un côté on mise sur de la nouveauté en croisant les doigts pour que ça prenne (l’excellent "Coco"), d’un autre on se dit que c’est dans les vieilles casseroles qu’on fait les meilleures soupes et on produit des suites à bonne cadence ("Nemo 2" en 2016, "Cars 3" en 2017, "Les Indestructibles 2" en 2018, ce "Toy Story 4" aujourd’hui), mais en se disant qu’il ne faut surtout pas abîmer la franchise en produisant du moins bon. Garantir un nombre d’entrées en jouant sur la familiarité des spectateurs avec l’univers, c’est bien. Galvauder à coup d’ingrédients mal mixés, ça ne le serait plus. Le pari fut réussi notamment pour "Les Indestructibles" où on retrouvait une grande partie de la magie, de l’esthétique et surtout du rythme de l’original. Avec ce "Toy Story 4", c’est également un retour aux sources.

Bande annonce

Forky débarque

Dans la chambre de Bonnie, Woody le cow-boy règne sur tous nos amis les ex-jouets d’Andy. Jusqu’au jour où débarque Forky, un bricolage réalisé par la petite à partir d’une cuiller-fourchette jetable. Mais Forky prend conscience qu’il n’est qu’un déchet, et décide d’en finir avec la vie…

Quoi? Un protagoniste suicidaire dans le film pour enfants le plus attendu de 2019? Éh bien oui. Car la force de Pixar, c’est de tout oser. Pour rappel "Vice-Versa" avait pour "héros" les pulsions négatives d’une adolescente en pleine crise identitaire! Ici, il reste un certain nombre d’ingrédients très disneyiens dans les décors et un certain rythme obligatoire entre le drôle et l’action. Mais petits et grands trouveront leur plaisir dans ce panachage de bonnes idées visuelles, de dialogues qui font mouche, et de ces vrais questionnements existentiels qui sont la griffe du studio d’Emeryville…

La chute Lasseter

Pixar est un cas unique dans l’histoire de l’industrie cinématographique: une petite société qui vient titiller, puis dépasser le géant Disney, que l’on croyait totalement indétrônable sur le marché de l’animation. Entre "Toy Story", "Monstres et Cie", "Nemo", "Ratatouille", ce fut une suite de succès critique et public, jusqu’au point où, en 2006, un rachat semblait inexorable. Mais comme dit le proverbe antique: "La Grèce vaincue vainquit son farouche vainqueur" et c’est bel et bien l’esprit de Pixar – et son excellence technique – qui finirent par contaminer le repreneur, puisque le nouveau directeur de Disney après rachat ne fut autre qu’Ed Catmull, ancien directeur artistique de Pixar – à qui Disney laissait une latitude artistique presque complète. L’année dernière, les choses ont subi un couac, laissant à "l’usine à rêve" (plus de 3.000 employés) sans son capitaine historique, John Lasseter. Pour cause d’accolades prolongées et parfois non consenties, le réalisateur des deux premiers "Toy Story" partait volontairement en retraite anticipée. Depuis, c’est Pete Docter ("Là-haut") qui a repris la casquette. Mais chacun sait que le développement d’un long-métrage d’animation prend des années. Et que ce quatrième opus porte encore la patte de son ancien grand manitou…

 

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