Les filles de Greta Gerwig

"Little women", l'adaptation des "Quatre filles du Docteur March", n'a obtenu que l'Oscar des meilleurs costumes.

"Les quatre filles du Docteur March", le célèbre roman de Louisa May Alcott, a connu de nombreuses adaptations au cinéma mais celle de Greta Gerwig est la plus moderne et la plus féministe. Un film virtuose avec un casting éblouissant.

Après la polémique sur l’absence de réalisatrices dans les nominations pour la meilleure mise en scène aux Oscars, voici que sort "Les filles du Docteur March" qui figurait néanmoins sur la liste des nommés à l’Oscar du meilleur film. Il n’a, finalement, obtenu que l’Oscar récompensant les meilleurs costumes

La route pour plus d’égalité à Hollywood, comme ailleurs, est encore longue. Et c’est précisément ce que souligne cette adaptation du roman écrit, en 1868, par l’Américaine Louisa May Alcott et dont le titre original est "Little Women". Des "petites" femmes aux caractères bien sentis et attachants. Le choix de la réalisatrice, à qui l’on doit le très réussi "Ladybird", quant au titre est déjà révélateur. Greta Gerwig a, en effet, choisi de reprendre en anglais le titre original "Little Women". Avant d’être les filles du Docteur March qui n’apparaît en vrai qu’à la fin du film, ces personnages ne sont pas vues comme des filles de. Au contraire, elles ont leur vie à elles.

"Quelles femmes sont acceptées au club des génies?"

"J’ai eu beaucoup de soucis alors, j’écris des histoires amusantes", confiait l’autrice Louisa May Alcott qui inspira, plus tard, Simone de Beauvoir. Le personnage de Jo, la plus téméraire des quatre filles, ressemble le plus à la romancière et aussi à la réalisatrice. Pour l’incarner, Gerwig a choisi son actrice-fétiche, la subtile Saoirse Ronan.

Le talent de Greta Gerwig à présenter rapidement et avec justesse chacun des personnages impressionne.

Jo est celle qui rêve d’écrire et d’être lue. Elle franchit les portes de la rédaction d’un quotidien et obtient, contre une somme dérisoire, d’être publiée. Avec ses quelques sous, Jo pense pouvoir aider financièrement sa famille. La guerre de Sécession les a laissé plus ou moins dans la dèche - une dèche fort relative quand on voit la déco shabby chic de la maison - et le père, le fameux Dr March, aumônier sur le front nordiste, brille par son absence.

Le talent de Greta Gerwig à présenter rapidement et avec justesse chacun des personnages impressionne. Chaque fille a son histoire. Amy, la plus coquette ira à Paris. Meg, la plus sage, se mariera selon son cœur avec un jeune prof désargenté. Beth, celle qui n’envisage pas sa vie sans musique, héritera d’un piano.

Autour d’elles, la mère, incarnée par l’oscarisée Laura Dern, semble toujours debout malgré les tempêtes. Puis, il y a la riche tante à l’esprit caustique jouée par la merveilleuse Meryl Streep. Et dans ce monde si féminin, les rôles masculins ont été admirablement distribués à Timothée Chalamet et à Louis Garrel. Un Chalamet qui demande: "Quelles femmes sont acceptées au club des génies?" Et lesquelles sont acceptées dans les catégories les plus enviées aux Oscars? L’intelligence et la virtuosité avec lesquelles le message est livré mérite d’être saluées.

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