Louvain-la-Neuve de retour à l'écran

Après deux ans de fermeture, le complexe cinématographique de la cité universitaire rouvre ses portes avec un nouvel exploitant, n°2 du secteur derrière Kinepolis.

saga Jean-François Sacré

Cinescope a tenu promesse. C’est bien ce mercredi que l’exploitant rouvrira au public les 13 salles (3.000 fauteuils) du complexe de cinémas de Louvain-la-Neuve laissées en jachère pendant deux ans par le groupe UGC.

Faut-il le rappeler? Le cinéma avait fermé ses portes suite à une avarie dans son système d’aération. S’en était suivie une interminable bagarre juridique entre son propriétaire, le français Klepierre (qui possède aussi la galerie commerçante de l’Esplanade), et l’exploitant, UGC, qui s’est soldée par la fermeture des salles et le retrait de ce dernier de la ville.

Klepierre avait alors lancé un appel d’offres auquel répondirent trois groupes: Kinepolis, Utopolis et le tandem Luc Van de Casseye et Jean-Max Elizé. A la tête de six complexes en Flandre (Genk, Lanaken, Sint-Niklaas, Maasmechelen), en Wallonie (Namur) et aux Pays-Bas (Tilburg), c’est ce dernier qui l’a emporté. Mi-février, il a signé un bail de 15 ans, rebaptisé les lieux Cinescope et investi 15 millions d’euros dans le rachat du fonds de commerce et la remise en route des activités (20 emplois ont été créés). "L’essentiel de l’investissement porte sur le matériel de projection", indique Jean-Max Elizé; Cinescope est le seul complexe belge dont la totalité des salles est équipée en numérique, trois pouvant projeter de la 3D". Le tout avec des technologies 100&flexSpace;% belges: Barco pour les projecteurs et XDC (filiale d’EVS) pour les serveurs.

Avec la reprise de ce complexe, le tandem deviendra 2e sur le marché belge avec une part de marché de 12&flexSpace;% (74 salles, 3,2 millions de visiteurs dont 600.000 prévus à Louvain-la-Neuve) derrière Kinepolis (45&flexSpace;%, 9,5 millions de visiteurs en 2009).

Le nouvel exploitant des lieux n’est pas un groupe en tant que tel. "Nos complexes ont les mêmes actionnaires, Jean-Max Elizé et moi-même, à l’exception d e celui de Namur dont nous ne détenons que 50&flexSpace;%, explique Luc Van de Casseye, mais il n’y a pas de lien capitalistique entre eux, tous sont gérés localement ce qui leur permet de coller au plus près des attentes de spectateurs et des partenaires commerciaux, comme les annonceurs et les médias locaux."

La rencontre entre les deux hommes remonte à vingt ans. Luc Van de Casseye est l’ancien responsable du développement de Kinepolis. ll est à l’origine de l’architecture très rationnelle des complexes du groupe avec ses deux rangées de salles surmontés d’une cabine de projection unique. Quant à Jean-Max Elizé, d’origine martiniquaise, il est le principal exploitant de cinémas de l’île mais aussi de la Guadeloupe, de la Guyane et d’Haïti: "Il y a 20 ans, on ne parlait que du concept révolutionnaire de Kinepolis. J’ai voulu voir ce que c’était, c’est comme ça que j’ai rencontré Luc. Il est venu construire des salles aux Antilles, nous nous sommes ensuite associés."

Le duo a depuis lors bien essaimé. Mais il n’entend pas en rester là. "Notre priorité est de nous développer aux Pays-Bas", indique Luc Van de Casseye. En attendant, le but est de bien faire (re) démarrer le vaisseau néo-louvaniste. L’objectif de 600.000 visiteurs est un minimum. La présence de l’Esplanade avec ses 7,7 millions de visiteurs annuels devrait lui apporter son quota de cinéphiles. De même qu’une politique de prix plus attractive qu’avant. Si Cinescope n’a pas obtenu la suppression de la taxe communale qu’il réclamait (20 cents par ticket) en revanche, il a obtenu une subvention lui permettant de proposer, aux côtés des blockbusters, une programmation plus pointue, de développer des partenariats avec des associations et de proposer expos, retransmissions d’opéras, etc.

La présence de nombreuses entreprises sur le site de Louvain-la-Neuve lui permettra aussi de valoriser ses infrastructures. Car pour l’heure, 80&flexSpace;% des revenus de ses complexes viennent encore des tickets et 20&flexSpace;% des rentrées annexes (boissons, pub, B-to-B…), contre 60&flexSpace;% chez Kinepolis. "Nous sommes s dépendants des sorties mais, l’an dernier, le marché a progressé de 3&flexSpace;% et nous avons fait mieux que lui, affirme Luc Van de Casseye, avec la crise les gens renoncent à certaines grosses dépenses au profit de loisirs plus accessibles comme le cinéma. Nous sommes donc confiants." l

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