Marie Stuart dans un pudding à l'écossaise

©BELGAIMAGE

Un grand film en costume, une histoire incroyable de rivalité entre deux reines, mais partiellement brouillée par une narration en dents de scie…

"Mary Queen of Scots"

Note: 3/5

De Josie Rourke. Avec Saoirse Ronan, Margot Robbie, Jack Lowden, David Tennant, Guy Pearce,…

1560. Marie Stuart débarque comme reine d’Écosse, avec une partie de sa suite (française). Elle découvre le pays, elle qui vient de perdre son mari, François II, roi de France. Car Marie Stuart était reine deux fois: d’abord par le sang (l’Écosse), et puis par alliance (la France). Dans le sombre palais d’Édimbourg, les rudes nobles écossais n’apprécient guère les facéties de cette mini-cour francophone. John Knox, le puissant prédicateur protestant, déclare frontalement son opposition à la reine et est banni de la cour, bientôt rejoint par le demi-frère, ex-régent.

Mais c’est au sud que l’on s’inquiète le plus. Elizabeth, de neuf ans son aînée, veut connaître les intentions de cette cousine qui, par le sang, pourrait avoir des vues sur son propre trône. On envoie force ambassadeurs et même de jolis minois qui pourraient plaire à la reine. Et de fait, Marie tombe éperdument amoureuse, et le mariage est prononcé…

Cette tragique histoire finira sur le billot, 20 ans plus tard, lorsque Marie sera décapitée pour complot contre la reine.

Bande-annonce

Narration bancale

Hélas, la réalisatrice, metteuse en scène de théâtre qui signe ici son premier film, n’arrive pas à tendre un fil narratif clair entre ces différentes étapes. Elle se centre sur les premières années de Marie Stuart en Écosse, et en même temps sur la rivalité qui grandit entre les deux souveraines. Or, historiquement, c’est après son enfermement en 1567 que Marie Stuart, depuis l’intérieur de la résidence où elle est assignée, va fomenter. Pour des raisons esthétiques sans doute (deux reines jeunes, des armées en ordre de marche), le film veut opposer les deux cours et disperse parfois son énergie en passant de l’une à l’autre pour des séquences trop courtes, autant de sauts de puce narratifs qui ne permettent pas au spectateur de s’impliquer émotionnellement.

Autant de sauts de puce narratifs qui ne permettent pas au spectateur de s’impliquer émotionnellement.

Sur le papier, pourtant, tout est là. Un casting éblouissant: en Marie, l’Irlandaise Saoirse Ronan, en Elizabeth, l’Australienne Margot Robbie, en John Knox, l’Écossais David Tennant, en mari de la reine, la nouvelle coqueluche du cinéma British Jack Lowden…

Les paysages, les décors et les costumes sont somptueux. Mais si la sauce ne prend que par moments, c’est aussi à cause d’une étrange volonté d’émancipation: pour la frontière sud de l’Écosse, on utilise les Highlands (et les drones); pour la suite, on choisit des acteurs noirs ou asiatiques (forme de racisme à l’envers?).

Et pour la musique, on tartine d’une extraordinaire partition planante de Max Richter, mais en la gardant trop souvent au second plan...

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