Martin Scorsese et ses frères reviennent par la grande porte

"The Irishman" marque le retour de légendes du cinéma de genre. ©Netflix

Martin Scorsese revient… sur Netflix. Mais avant de débarquer sur la plateforme le 27 novembre, Robert De Niro, Joe Pesci et Al Pacino auront droit aux honneurs de la grande salle, dès ce mercredi, avec cette fresque grandiose.

L’ambiance? Une nouvelle fois, la Cosa nostra. L’ampleur? 3 h 30. La particularité? Le rajeunissement numérique des acteurs, Robert De Niro en tête… À chaque nouvelle annonce de ce type au cours de ces derniers mois, la toile s’est emballée, a spéculé, a jaugé les chances que le maestro réussisse son retour, trois ans après le demi-échec d’un "Silence" assez creux.

Quelques minutes suffisent (sur les 209) pour nous replonger immédiatement dans l’ambiance. Les chromes, les dîners, le langage corporel des arnaqueurs à la petite semaine, le regard entendu des parrains qui veillent. Et la musique, omniprésente chez Scorsese, pour nous embarquer dans une narration qui pourrait durer des heures, des jours, toute une vie.

Petite et grande histoire

On suit Frank Sheeran (De Niro), un chauffeur irlandais pas trop regardant quant au lieu de livraison. Bientôt licencié, il s’est fait entre-temps bien voir de Russell Bufalino (Pesci), un intermédiaire très haut placé. Frank devient vite homme de main, poseur d’explosif, et même spécialiste pour "repeindre les murs" – traduisez "avec le sang de ses victimes". Jusqu’au jour où la mafia le prête à Jimmy Hoffa (Pacino), star nationale et président du surpuissant syndicat des routiers…

"The Irishman"

De Martin Scorsese

Note: 5/5

Avec Robert De Niro, Al Pacino, Joe Pesci…

 

Une des nombreuses couches de plaisir qui s’insinuent chez le spectateur est celle où la petite et la grande histoire se mêlent. Car on reçoit ici la confirmation, et de l’intérieur, que la Cosa nostra était bien de tous les coups. Élection d’un certain Kennedy à la Maison Blanche… "Presque guerre" avec la juteuse Cuba – où l’on voudrait reconquérir les palaces et les casinos… via une Baie des Cochons déclenchée dans l’arrière-salle d’un bistro de Little Italy!

Le film tient bien évidemment sur la prestation "totale" de Robert De Niro (dont c’est la neuvième collaboration avec Scorsese, mais la première depuis "Casino" il y a… 25 ans). De Niro, dont on espérait tous secrètement qu’il puisse nous offrir une autre de ses incarnations à l’échelle d’une vie à la "Raging Bull" ou "Il était une fois en Amérique".

Bande-annonce

Dans les meilleurs moments scorsésiens

Étonnant aussi, le plaisir presque physique que l’on éprouve à revoir Joe Pesci, invisible dans un rôle important depuis 1998, et ici d’une présence murmurante qui tient de la brûlure. Sans oublier la mention spéciale à Al Pacino. Il est bien sûr en terrain connu pour camper un Jimmy Hoffa hors normes. Mais il ajoute sous le caractère explosif les arômes subtils d’un grand cœur idéaliste – même si corrompu jusqu’au trognon. Et dont les diatribes anti-Kennedy resteront dans les annales.

Un conseil, donc: précipitez-vous dans les salles pour permettre à cet "Irishman" de pénétrer dans votre cortex par la grande porte. Certaines scènes viendront à coup sûr rejoindre dans votre inconscient les meilleurs moments scorsésiens qui s’y sont déjà frayé une place, comme ces tablées joyeuses où des malfrats colorés trinquent et rient – tout en prononçant des phrases à double sens qui scellent les destins – les leurs y compris.

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