Netflix abat une nouvelle carte avec "Enola Holmes"

Millie Bobby Brown, le visage féminin de "Stranger Things" notamment, incarne Enola Holmes dans cette nouvelle production Netflix. ©LEGENDARY

Dans la famille Holmes, je demande la petite sœur! Voici l’adaptation du best-seller mondial de Nancy Springer. Netflix pour concurrencer Disney sur le terrain du divertissement familial de qualité?

Alors que Disney débarque en force, et en grandes pompes via Disney+, Netflix étoffe son offre jeunesse en nous proposant les aventures d’une nouvelle héroïne, qui ne se contente pas d’être la "sœur de…". Mais qu’on ne prenne pas cela pour de la concurrence directe. Comme aime à le rappeler la plateforme reine: soyons complémentaires. En fait, Netflix poursuit sa voie "naturelle", celle du contenu original, sous forme de nouveautés où on courtise autant le public cinéphile que le plus grand nombre. Hasard du calendrier: en trois semaines, ce sont trois romans cultes qui se retrouvent proposés.

Aventure

"Enola Holmes"

♥ ♥ ♥

De Harry Bradbeer

Avec Millie Bobby Brown, Henry Cavill, Sam Claflin, Helena Bonham Carter…

Disponible depuis le 4 septembre, l’ambitieux nouveau Charlie Kaufman, "I’m Thinking of Ending Things" ("Je veux juste en finir"), d’après le premier roman du Canadien Iain Reid, est un brillant pensum sous forme de road-trip psychologique mais qui loupe sa fin. Puis vint "The Devil All the Time" ("Le Diable, tout le temps"), un autre roman déjà culte, signé par le très sombre Donald Ray Pollock – une plongée hallucinée dans l’Amérique profonde des années 60 (disponible depuis le 16 septembre – critique en encadré).

Et bien sûr à présent Enola Holmes, soit la crème de la littérature d’aventures jeune (et moins jeune) public. Bien connue de millions d’ados à travers le monde qui se sont identifiés à la pétillante héroïne victorienne depuis la publication de ses premières aventures en 2006, la cadette Holmes s’apprête à présent à conquérir la planète.

Bande-annonce "Enola Holmes"

Nouveau type d’héroïne

Enola, 15 ans, vit avec sa mère dans une grande maison Tudor au fin fond de la campagne anglaise. Mais le matin de ses 16 ans, Maman disparaît, lui laissant une mystérieuse boîte remplie d’objets disparates. Ses deux grands frères débarquent, dont le très célèbre détective. Mais au lieu de l’aider à retrouver leur mère, le sérieux Mycroft et le débonnaire Sherlock ne pensent qu’à l’envoyer en pension pour faire d’elle une "vraie dame". Enola n’a plus qu’à prendre la fuite pour retrouver sa mère en se servant des indices laissés dans la boîte. Et de tout ce qu’elle lui a appris en 16 ans, à commencer par une très farouche indépendance d’esprit

Cette fantaisie sans prétention mais qui nous propose toute une série d’ingrédients excitants. Un mystère à résoudre, des décors identifiés (et à couper le souffle), un rythme soutenu, et bien sûr une héroïne.

Nous sommes ravis. En cause: le ton parfaitement sympathique de cette fantaisie sans prétention mais qui nous propose toute une série d’ingrédients excitants. Un mystère à résoudre, des décors identifiés (et à couper le souffle), un rythme soutenu, et bien sûr une héroïne. Et quelle héroïne. Elle a tout pour plaire, Enola. "She’s unbroken", dira d’elle son frère à la directrice du pensionnat – traduisez "pas encore domptée".

Avec tous ses ingrédients, la sauce prend. Seul petit bémol: le jeu parfois appuyé demandé à certains adultes, sans doute pour clarifier les archétypes. Un bémol vite gommé par la divine surprise du film: Millie Bobby Brown. Si vous ne connaissiez pas encore son nom, ses traits vous étaient sans doute familiers, car depuis 2016 la jeune actrice (anglaise!) est le visage féminin de "Stranger Things".

Netflix fait ici une fois de plus preuve de son éclectisme.

Rien ne lui résiste, ni la force physique – elle se bat mieux qu’un homme –, ni surtout les neurones et la force mentale associée. Mieux encore, Enola regarde la caméra dans les yeux pour nous prendre à témoin, faire de nous ses complices, et nous emmener collectivement à la rencontre de notre destin.

Netflix fait ici une fois de plus preuve de son éclectisme. Quoi de plus normal, quand on a 167 millions d’abonnés (et leurs familles) à contenter? Autant ratisser large: un film intellectuel ("I’m Thinking…"), un autre horrifique et haletant ("The Devil…"), et un troisième, familial et réussi. La politique de Netflix? Elle est plus simple qu’il n’y paraît: de tout, tout le temps (et le meilleur possible).

Du sang, et des tripes

"The Devil All The Time" ("Le Diable, tout le temps")

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

De Antonio Campos

Avec Tom Holland, Bill Skarsgard, Robert Pattinson, Riley Keough…

En 2012, un premier roman défraie la chronique. Son auteur est américain, il a presque 60 ans, dont 32 passés à travailler à la chaîne dans son usine de l’Ohio. Pourtant, Donald Ray Pollock vient d’offrir à la littérature un monument, un classique instantané, bientôt couronné par de nombreux prix. Il faut dire que nous voici immergés dans le Midwest, avec ses secrets, ses petits villages bouseux, ses évangélistes itinérants et ses tueurs en série. C’est Jake Gyllenhaal en personne qui produit cette adaptation de prestige, poisseuse juste comme il faut. Et il a invité ses amis, une nouvelle génération de comédiens extraordinaires – Robert Pattinson et Tom Holland (Spider-Man) en tête.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés