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Netflix conquiert (enfin) les Emmy Awards

L'actrice Jessica Hobbs (The Crown) lors des Emmy Awards 2021 à Los Angeles. ©REUTERS

En raflant neuf récompenses aux Emmy Awards grâce à "The Crown", Netflix conforte sa suprématie dans le secteur du streaming. Mais sa courbe de croissance commence à s'aplanir.

Il ne manquait qu’une seule fleur à la boutonnière de Netflix. Cette absence est aujourd’hui réparée grâce à son triomphe le week-end dernier aux prix de la télévision US, les Emmy Awards. Avalanche aux Golden Globes, aux Oscars, prix au festivals de Venise, de Berlin, et même de Cannes (le plus frileux): depuis des années le leader mondial incontesté en matière de streaming domestique avait fini par tout remporter. Il ne manquait que les Emmy: un curieux hasard de calendrier avait préféré couronner systématiquement les "Game of Thrones" (HBO), "Succession" (HBO), et autres "Fleabag" (BBC3/Amazon), laissant toujours sur le carreau le joyau maison: "The Crown".

200
Netflix compte actuellement 200 millions d’abonnés.

Ce dimanche, l’affront est effacé, et la plus british des séries Netflix a fait carton plein: neuf récompenses, dont la meilleure série dramatique, meilleure actrice, meilleur acteur, meilleur scénario et réalisation. Dans le même temps, "Le jeu de la dame" emportait le prix de la meilleure minisérie. Pas de raz de marée pour autant: le concurrent HBO remportant le même nombre de prix marquants, notamment grâce à une autre minisérie: "Mare of Easttown" avec Kate Winslet.

Leader pour combien de temps?

Si Netflix est un leader incontesté avec, notamment, 200 millions d’abonnés annoncés en début d’année, la courbe de croissance commence à s’aplatir doucement. Normal, dira-t-on, après une année 2020 au nombre d’abonnements faramineux… mais gonflé par les confinements. Alors, qu’est-ce qui risque de freiner Netflix?

Premier scénario possible: le prix de ses abonnements. En Colombie, la plateforme coûte moins de 5$ par mois. Chez nous, les prix ont (discrètement) grimpé ces dernières années, et la Belgique devrait très bientôt rejoindre la France et son Premium à 17,99€ par mois. Loin des "environ 10 euros" d’il y a quelques années. Et le consommateur moyen de se poser la question: que choisir? Par comparaison, Disney+ revient à 8,99€ par mois, contre 5,99€ à Amazon Prime.

Même si la concurrence gagne du terrain, Netflix a encore de beaux jours devant lui.

Deuxième scénario: la qualité. Et si le nombre de nos programmes préférés commençait à fléchir? Pour rassurer le chaland, Netflix communique: en 2021, 17 milliards de dollars seront dépensés en nouveaux contenus – contre 11,8 en 2020 et 13,9 en 2019. De quoi rassasier tous les goûts?

Troisième scénario: la concurrence se fait mieux connaître. Netflix, on le sait, a conquis le marché grâce à une position nettement dominante, devenant même presque synonyme, pour beaucoup, de streaming télévisuel. Mais à présent, la concurrence gagne du terrain. Chez nous, Betv rappelle qu’elle propose la même souplesse "à la demande" que le streaming. Disney multiplie les contenus et ouvre peu à peu son (immense) catalogue. Quant à Amazon Prime, il présente un rapport quantité/prix absolument imbattable – reste à faire son marché dans les méandres de l’offre. En attendant, Netflix garde le cap. Avec ses séries phare comme le multi primé "The Crown", ses films événements, et maintenant ses "séries nationales" venues de nulle part, mais parfois de très haut vol (séries turques, scandinaves ou coréennes), la reine des plateformes semble avoir encore de très beaux jours devant elle. Ces prochains mois devraient ainsi nous permettre de découvrir la saison 4 de "Stranger Things", la saison 4 (et finale) d’"Ozark", ou le nouveau Leonardo DiCaprio "Don’t Look Up".

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