Netflix étend sa palette à l'art contemporain

©Claudette Barius/Netflix

4 ans après "Nightcrawler", Dan Gilroy rejoint la liste des réalisateurs diffusés sur Netflix avec l'excellent "Velvet Buzzsaw".

Netflix attire sans cesse plus de réalisateurs en vue. Récemment, les frères Cohen ("La ballade de Buster Scruggs"), la Danoise Susanne Bier ("Bird Box"), et même Orson Welles (dont le mythique "The other side of the wind" a été exhumé et terminé par la plateforme), sans oublier Alfonso Cuaron et son "Roma", bientôt consacré par une pluie d’oscars… Voici qu’un certain Dan Gilroy rejoint le peloton. Mais qui est-il? L’auteur d’un des meilleurs films de 2015, "Nightcrawler", avec un Jake Gyllenhaal méconnaissable en paparazzi nocturne dans un Los Angeles halluciné. Il revient pour un mélange inédit: une comédie sur l’art contemporain, les galeries, les critiques, les mondanités, les apparences… mais qui se met lentement à lorgner le film de genre.

Los Angeles. Une énorme foire d’art où se brassent les millions. Tout un beau petit monde se croise, se jauge, rit, se congratule, mais surtout s’envoie des piques d’une méchanceté crasse, histoire de bien marquer son territoire et sa place dans le milieu. La jeune assistante Josephina vient de se faire larguer mais elle fait bonne figure et apprend son métier. Lorsqu’elle découvre, chez un voisin top tôt disparu, une série de toiles aussi étranges que magnétiques, elle sait que sa vie va changer. Sa vie et celle de tout son cercle…"

Le film évite de s’appesantir sur une trop systématique mise en boîte des artifices de l’art contemporain, pour glisser subtilement vers l’enquête. Qui fut ce mystérieux voisin visionnaire, dont le style réalistico-horrifique rappelle à la fois le travail de Munch et celui de Lucian Freud? L’art du chef opérateur mythique Robert Elswit prend alors possession de l’image. Le directeur photo habituel de Paul T. Anderson ("Boogie night", "Magnolia"…) s’en donne à cœur joie pour questionner le pouvoir réellement cannibale d’une œuvre. Alors que les humains sont toujours aussi prisonniers de leurs petites hiérarchies, de leurs concessions et de leurs envies de gloire, l’art, lui, se met à régner…

Le film aurait certes pu faire 10 minutes de moins sans préjudice majeur. Mais l’intérêt de l’histoire est aussi d’avoir su garder toute une galerie de personnages hauts en couleurs (la galeriste névrosée, l’artiste en panne, les assistants aux dents longues), pour que chacun puisse incarner un vice bien personnel: lucre, orgueil, envie, et bien sûr narcissisme exacerbé.

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