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Poelvoorde contre de Gaulle

"Profession du père" brille par son portrait d'une famille meurtrie par les mensonges et la paranoïa du père.

Sous la baguette de Jean-Pierre Améris ("Les émotifs anonymes"), Poelvoorde nous livre un magnifique portrait de père abusif.

Quand Émile, 12 ans, rentre le soir, il ne doit pas seulement faire ses devoirs: il doit aussi (et surtout) écouter son père lui faire des confidences – ce qui "contribuera grandement à ton éducation, mon garçon!". Notamment sur les frasques avec Teddy, ce "copain américain", avec qui on a fait les 400 coups, pendant et juste après la guerre. Aujourd’hui hélas, rien ne va plus, et Émile rejoint son père – bien forcé – dans une grande entreprise de nettoyage de la France, entreprise plus ou moins secrète, mais où prédominent trois lettres: OAS

Notre prodige namurois tricote le réel et l’imaginaire, une maille à l’envers, une maille à l’endroit.

Voici adapté le roman éponyme signé par l’ancien journaliste de Libé, aujourd’hui au Canard Enchaîné, Sorj Chalandon. Benoît Poelvoorde y fait merveille, face à Audrey Dana en femme au foyer soumise aux délires de son envahissant mari et prête à tout pour ménager son pauvre fils. Notre prodige namurois excelle dans le registre entre-deux, fait de faux-semblants et de vrais espoirs d’en découdre. Il tricote le réel et l’imaginaire, une maille à l’envers, une maille à l’endroit. S’invitent aussi la frustration personnelle et le délire paranoïaque...

Le film n’assume pas totalement sa portée politique - quand le complot s’étend jusqu’au général de Gaulle notamment – mais réussit mieux dans le registre du drame familial, teinté de mythomanie paternelle délirante.

Bande Annonce

Drame

"Profession du père"

De Jean-Pierre Améris

Avec Benoît Poelvoorde, Audrey Dana, Jules Lefebvre

★★★☆☆

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