Réouverture des cinés: 400 films en attente et 7 coups de cœur

Le grand embouteillage? Attention, il n’y en aura pas pour tout le monde! De quoi parle-t-on? De la place dans les salles obscures, bien sûr...

400, c’est le nombre pharaonique de bobines qui attendraient sur les étagères. Parmi ces 400 films théoriques, un peu de tout. Un certain Bond, James Bond qui, pour rentrer dans son budget et rencontrer les attentes des actionnaires, ne va pas cracher sur le milliard promis et attendra sagement le 8 octobre. Dans son sillage, pas mal de gros poissons internationaux qui n’ont pas trouvé leur bonheur sur les plateformes, et qui ont préféré attendre la réouverture des salles en grand, histoire de capitaliser sur un public avide de sortie en bandes, et de pop-corn par seaux. Hélas, tant que les jauges resteront assez strictes, ces films-là risquent bien d’y rester, sur les étagères, à ronger leur frein («Kings Man Première Mission», «The Batman» avec Pattinson…).

Alors, bonne nouvelle quand même, pour le cinéphile? Ou pour poser la question autrement: combien de chefs-d’œuvre, sur les fameux 400? La programmation de ce 9 juin laisse circonspect. Car si la déferlante de sorties a bien lieu (il faut bien remplir les salles – et les multiplexes en comptent jusqu’à 24), et qu’il y a du lourd (voir nos coups de cœur, ci-contre), les amateurs de soupe (aux navets) seront également servis. Les affligeants «Opération Panda» et «Tom & Jerry» cochent la case «peut-être que les gosses n’y verront que du feu».

Une pincée d'horreur et des comédies

Quant à «Wrong Turn» (une bande de jeunes prend un mauvais tournant) , «Song Bird» (qui met en scène un hypothétique Covid-23, bigre), ou «Conjuring 3», ils répondent à la question «et si on mettait des films d’horreur, ça plaît toujours?». Au rayon comédie? Notre cœur balance entre «30 jours max» (un flic condamné par la maladie a 30 jours pour impressionner sa collègue) et «Chacun chez soi», la nouvelle variation familiale signée Michèle Laroque, vague resucée de «Tanguy» où un couple de quinquas (Laroque + DeGroodt = love) tente de se débarrasser de leurs envahissants enfants. Car «ils ont déjà donné». Et « les miettes dans le Nutella, ça suffit ». 400 films, disiez- vous? Le spectateur reconnaîtra les siens… | Sylvestre Sbille

Nos 7 coups de cœur à voir en salle dès le 9 juin

On a tous besoin de 0,5 gramme d’alcool pour être libres

«Drunk»
Thomas Vinterberg
Avec Mads Mikkelsen, Thomas Bo Larsen, Magnus Millang,…

Note de L'Echo: 5/5

On a déjà presque tout dit sur ce film danois d’une rare intensité, mais qui avance masqué, avec ses faux airs de comédie entre potes. Les potes en question, ce sont quatre profs dans le secondaire, qui décident de compenser – par l’alcool – la dose de délire qui serait nécessaire à l’homme pour être parfaitement heureux. Une dose très légère, évidemment, du moins en théorie. Le film est tout à la fois: une ode à la liberté, une réflexion philosophique sur ce qui donne un sens, et un partage avec des personnages inoubliables, celui de Mads Mikkelsen en tête, parfait dans son rôle de prof ayant abdiqué. Syl.S.

DRUNK Bande Annonce VOST (2020) Mads Mikkelsen

Une famille qui pourrait être celle de Maiwenn

«ADN»
Drame de, par et avec Maïwenn.
Et avec Omar Marwan, Fanny Ardant, Marine Vacth et Louis Garrel.

Note de L'Echo: 3/5

Maiwenn a beaucoup insisté pour dire que ce film n’était pas autobiographique. Soit, cependant, elle y a mis des éléments de sa propre histoire dedans. Une histoire de famille éclatée qui se retrouve à la mort du patriarche, un Algérien. Lorsque son personnage, looké comme Amy Winehouse, fait son test ADN, il découvre qu’il compte des composantes espagnoles, italiennes, grecques… Cependant, c’est sur les traces de son grand-père algérien qu’il poursuivra sa route. Entourée d’une pléiade de fabuleux acteurs, Maiwenn donne sa vision de ce que peut être parfois une famille… dont on doit parfois pouvoir s’extraire pour renaître. J.L.

ADN Bande Annonce (2020) Maïwenn, Film Français

Un divertissement fashion porté par d’excellents acteurs

«Cruella»
Comédie de Craig Gillespie
Avec Emma Stone, Emma Thompson, Paul Walter Hauser,…

Note de L'Echo: 3/5

Prenez la méchante des «101 Dalmatiens», ajoutez une grosse pincée de punkitude, versez quelques flots de fringues à la Vivienne Westwood, parsemez de graines d’ironie de couturier, portez ce mélange à feu moyen pendant deux heures quatorze et vous aurez «Cruella», le dernier Disney flamboyant. Réalisé par Craig Gillespie, à qui l’on doit notamment «Moi, Tonya», ce divertissement très fashion est porté par de formidables interprètes. Et bien sûr, d’adorables dalmatiens. À voir si la recette égalera la version de 1996 avec Glenn Close. Avec aussi un clin d’œil à «Sympathy For The Devil» des Rolling Stones. J.L.

CRUELLA Bande Annonce VF (2021)

L’oscarisée Chloé Zhao sur la route de l’entraide

«Nomadland»
Drame de Chloé Zhao
Avec Frances McDormand, David Strathairn, Gay DeForest,…

Note de L'Echo: 4/5

Couronné par le Lion d’or et par 3 Oscars (dont meilleur film et meilleure actrice), le film nous emmène littéralement sur la route. Fern est une travailleuse itinérante. À l’époque cruciale des fêtes, elle œuvre dans un entrepôt géant à préparer les milliers de colis. Mais elle ne sait pas de quoi demain sera fait, et passe ses nuits dans son vieux van blanc, sous des couches de vêtements pour résister au froid. Jusqu’au jour où elle rejoint un campement en Arizona, où des centaines de «comme elle» s’entraident pour faire de la route un espace viable… Frances McDormand irradie de force, d’humour, et d’un décalage salutaire, dans cette fable qui nous emporte au rythme entêtant de l’errance. Syl.S.

NOMADLAND Bande Annonce (2021) Frances McDormand, Drame

La bureaucratie moquée à la manière des Monty Python

«Adieu les cons»
Albert Dupontel
Avec Virginie Efira, Albert Dupontel, Nicolas Marié, Bouli Lanners,…

Note de L'Echo: 4/5

C’est un régal que la rencontre entre Virginie Efira et Albert Dupontel. Dans ce film de loufdingues que ce dernier a réalisé, Efira campe une coiffeuse atteinte d’une maladie auto-immune. Dupontel, lui, joue un informaticien chargé de la sécurité d’une grosse administration. Inspiré, entre autres, par l’humour des Monty Python, cet «Adieu les cons» se veut une satire grinçante de la société bureaucratique actuelle. Cela clashe et parfois, c’est trash. Avec un rythme comparable à «Mala Vida» des Négresses Vertes – présent dans le soundtrack –, ce bras d’honneur cinématographique a remporté sept César. Avec aussi Bouli Lanners… J.L.

ADIEU LES CONS Bande Annonce (NOUVELLE, 2020) Virginie Efira

Au dix-septième siècle déjà: le combat entre nature et modernité

«Wolfwalkers»
(«Le peuple loup»)

Une animation de Tomm Moore et Ross Stewart
Avec Lévanah Solomon, Lana Ropion, Serge Biavan,…

Note de L'Echo: 4/5

Déjà disponible sur Apple TV, et couronné par une nomination à l’Oscar du meilleur film d’animation, ce foisonnant film irlandais mérite plus que tout autre de sortir en salles. Aux commandes, un certain Tomm Moore, qui nous avait déjà offert le merveilleux «Brendan et le secret de Kells». Il reprend l’esthétique miraculeuse des manuscrits du Moyen Âge irlandais, faits de volutes, d’animaux fabuleux et de figures entremêlées, pour s’intéresser à la conquête du pays par Cromwell. Nous sommes au dix-septième, mais les obsessions du réalisateur demeurent: comment la nature sauvage va-t-elle résister à la modernité. Syl.S.

LE PEUPLE LOUP - Bande-annonce (VF)

Les boxeurs de démons ont déjà gagné au box-office

«Demon Slayer»
(«Le train de l’infini»)

Un animé de Haruo Sotozaki
Avec Enzo Ratsito, Christophe Lemoine, Maxime Baudoin,…

Note de L'Echo: 3/5

Proposé sur le grand écran, cet animé, qui devenu le plus gros blockbuster au Japon, est la suite d’une série culte destinée au petit écran, inspirée par le manga le mieux vendu au Japon depuis 3 ans. Gageons qu’un nouveau public trouvera ici son compte, en suivant les aventures de Kamado Tanjiro, le pourfendeur de démons. Non seulement toute sa famille a été assassinée par lesdits démons, mais ils ont carrément transformé sa petite sœur en l’un des leurs. Et ça, comme disait l’autre, fallait pas… Bluffant dans sa réalisation, «Demon Slayer» n’est toutefois pas vraiment un film mais… un épisode d’une heure cinquante! Syl.S.

DEMON SLAYER Le Film Bande Annonce VF (2021) Le Train de L'Infini

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