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"Run", un thriller psychologique où l’amour maternel prend toute la place

Sarah Paulson joue les mères abusives dans le thriller psychologique "Run". ©ASCOT ELITE

Dans "Run", Sarah Paulson se voit attribuer une fois de plus un rôle pervers: celui de la mère abusive. Et c’est un plaisir de la voir à l’œuvre.

Une jolie maison blanche entourée d'un grand potager. C’est là que vit une famille heureuse. Famille réduite à sa plus simple expression: une mère et sa fille. Une maison cocon, parce que la fille est née prématurée et qu’elle souffre d’une série de maladies: paralysie partielle des jambes, asthme aggravé, malformation cardiaque...

Malgré le fauteuil roulant dans lequel elle est clouée, l’adolescente garde le moral, fait ses devoirs (c’est sa mère qui lui donne cours) et guette l’arrivée du facteur avec beaucoup d’attention. Car une lettre d’acceptation dans une université est sur le point d’arriver et pourrait tout changer. Sauf que chaque fois qu’elle va vérifier la boîte aux lettres, sa mère surgit juste à temps et intercepte le courrier. Avec cette vie fusionnelle depuis 17 ans, cette mère exemplaire a sans doute du mal à l’idée de voir l’oiseau s’envoler du nid.

Mais lorsque notre héroïne découvre un nouveau médicament dans la flopée qu’on lui prépare chaque jour, elle a la puce à l’oreille. Cette gélule verte lui a-t-elle été réellement prescrite? L’étau se resserre et le doute n’est plus permis. Que se passe-t-il?

Bande-annonce "Run"

Mère abusive

Dans la famille "thriller psychologique", je demande la mère. Pas n’importe quelle mère: la mère abusive. "Psychose", "Carrie", "Vendredi 13", "Black Swan" ou "Coraline": l’histoire du 7e art est jalonnée de ses mamans indignes. Car, si rien n’est plus fort que l’amour d’une mère, rien n’est plus toxique lorsqu’il rompt ses digues. On lorgne ici, mais avec de nombreuses variantes et dans un autre milieu social, l’affaire Dee Dee Blanchard, qui a défrayé la chronique aux États-Unis en 2015. Affaire qui a donné lieu à "The Act", une excellente série Hulu en 7 épisodes, qui valut à Patricia Arquette le doublé Emmy Awards/Golden Globe.

Amour filial débordant et contrôle maladif de sa progéniture se rejoignent, jusqu’à l’excès.

Ici, la mère est interprétée par une grande habituée des rôles ambigus, voire pervers: Sarah Paulson. L’année dernière, elle a fait l’unanimité en infirmière perverse dans "Ratched", le spin-off de l’univers "Vol au-dessus d’un nid de coucou". Elle a également fait merveille dans plusieurs saisons d’"American Crime Story": elle jouait notamment la procureure qui poursuivit O.J. Simpson dans la mythique saison 1 "The People vs O.J. Simpson". C’est un plaisir de la voir à l’œuvre ici, dans un registre où amour filial débordant et contrôle maladif de sa progéniture se rejoignent, jusqu’à l’excès, jusqu’à la folie.

À la réalisation, on retrouve Aneesh Chaganty, dont le nom ne vous dit sans doute rien mais qui a pourtant signé un des films les plus rentables de 2018: "Searching. Portée disparue". Avec moins d’un million de dollars de budget pour 75 millions au box-office, le film utilisait exclusivement l’interface des réseaux sociaux, tout en surfant déjà sur la vague intrafamiliale puisqu'il s'agit là d'un père cherchant sa fille disparue par tous les moyens.

Thriller psychologique

“Run”

Par Aneesh Chaganty

Avec Sarah Paulson, Kiera Allen

À voir à partir du 6 octobre 2021

Note de L'Echo:

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