Seize printemps, ça brouillonne à l’intérieur

©Cinéart

"Seize printemps" est le premier long métrage de Suzanne Lindon, la fille de Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, qui se sent chez elle au cinéma.

On peut dire que c’est le premier film d’une fille de vingt ans qui parle du premier amour d’une fille de seize ans. On peut dire aussi que c’est le premier long métrage de Suzanne Lindon, la fille de Sandrine Kiberlain et Vincent Lindon, qui se sent chez elle au cinéma.

Petit récap’ : l’an passé, "Seize printemps", de Suzanne Lindon, était sélectionné pour le Festival de Cannes. L’édition 2020 n’ayant pas eu lieu, le film a néanmoins reçu le label Cannes. Du coup, sans même l’avoir vu, quelques-uns ont commencé par dire que Mademoiselle Lindon, cinéaste et actrice en herbe, était pistonnée par ses parents. Lorsque le film est enfin sorti dans les salles parisiennes, la critique s’est faite plus virulente. La jeune Suzanne, qui tient aussi le premier rôle dans "Seize printemps" fut l’objet de body shaming sur les réseaux sociaux. Donc, dès le début de sa jeune carrière, Suzanne, qui doit son prénom à la merveilleuse chanson de Leonard Cohen, est incendiée. Ce que nous trouvons injuste et inacceptable. On reproche rarement aux enfants de plombiers de devenir plombiers à leur tour. Et on ne critique pas aussi violemment le physique des acteurs masculins débutants. Suzanne Lindon a eu droit aux deux traitements.

Mademoiselle Âge Tendre

Dans cette première œuvre, la jeune réalisatrice filme l’éveil des sentiments. Elle sait, sans doute parce qu’elle l’a vécu, que l’amour naît souvent de l’ennui. Et l’adolescente qu’elle portraiture s’ennuie gentiment dans son milieu bourgeois sympa et dans son lycée, entourée de copines aussi sympas. Elle n’est pas complètement mal dans sa peau, mais un peu quand même. L’héroïne de "Seize printemps" ressemble physiquement à celle de "L’Effrontée" de Claude Miller, rôle tenu, en 1985, par Charlotte Gainsbourg. Même dégaine, même moue. Mais ici, l’héroïne tombe amoureuse d’un "vieux" de trente-cinq ans. Un acteur de théâtre qui semble bien embarrassé de l’intérêt que lui porte cette très jeune fille. Après pas mal d’efforts, Suzanne - l’héroïne se prénomme comme Mademoiselle Lindon - va obtenir son rendez-vous avec l’homme qu’elle désire. La scène de ce premier rencard est la plus jolie et la plus réussie de ce film. Avec une dédicace particulière à Christophe, le chanteur, qui a su inspirer Suzanne Lindon. Cependant, ce film de débutante compte trop de maladresses et de manque de rythme pour qu’on y adhère totalement.

« Seize printemps », de Suzanne Lindon, avec Suzanne Lindon, Arnaud Valois, Florence Viala et Frédéric Pierrot, **

Le résumé

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