Steven Spielberg s'attaque à la guerre froide

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Le sujet colle à l'univers de Spielberg: des décors brumeux et enneigés, une intrigue faite de nombreux rouages...

Chaque fois que Spielberg nous revient, nous espérons que son film puisse être classé dans la colonne "drame poignant", et non dans celle, de plus en plus achalandée, des "drames poignants assortis de bons sentiments à la sauce américaine". Hélas, si nous prenons ses dernières réalisations en date, la balance penche vers la seconde colonne. Que ce soit avec "War Horse" (2011), ou même avec "Lincoln" (2012).

Il semble bien loin, le temps des chefs-d’œuvre, comme "Amistad" (1997) ou bien sûr "Schindler’s List" (1993)… Au rang de ces bons sentiments, la passion du maître pour la reconstitution de la cellule familiale semble parfois toucher à l’obsession. Au point que certains internautes se plaisent à superposer les séquences de "La guerre des mondes", de "Jurassic Park", ou de "E.T." pour en montrer les similitudes, et pour fustiger gentiment cet obligatoire retour du héros dans les bras de son clan, ou dans le giron de sa mère nourricière…

Un sujet spielbergien

Dans "Bridge of Spies" – que nous n’avons pas vu –, le caractère véridique du sujet devrait nous mettre à l’abri d’une potentielle avalanche de musique et de pathos… Nous sommes en pleine guerre froide. Un avion militaire américain, qui prenait des photos au-dessus du sol russe, vient d’être abattu. Oncle Sam veut récupérer son pilote, quitte à l’échanger. Pour négocier, le choix se porte sur un simple avocat new-yorkais (Tom Hanks). Un simple avocat qui, quelques années plus tôt, avait accepté de défendre un espion russe. Or c’est précisément cet espion qui pourrait faire aujourd’hui l’objet de l’échange…

Le pont des espions ('Bridge of Spies', bande annonce)

Jusqu’où une nation, qui se veut grande et emblématique, peut-elle aller dans la négociation?

Le sujet, il faut le dire, semble coller à l’univers de Spielberg. Des décors brumeux et enneigés, une intrigue faite de nombreux rouages qui doivent s’interpénétrer parfaitement, des discussions d’alcôve entrelardées de scènes d’action et de suspense… Le tout sur un fond de questions éthiques pertinentes: jusqu’où une nation qui se veut grande et emblématique peut-elle aller dans la négociation? Jusqu’où peut-on parlementer avec un régime qui est connu pour son abomination morale (les communistes de l’époque)?

De Steven Spielberg, avec Tom Hanks, Mark Rylance, Alan Alda…

Les amateurs d’un cinéma aux accents très personnels passeront sans doute leur chemin. Ceux qui voient en cette saison froide et pluvieuse l’occasion rêvée pour se réfugier dans une salle de cinéma, où on leur contera par le menu un drame politico-judiciaire, doublé d’une histoire vraie, ceux-là seront sans doute ravis. Avec la garantie que ce soit bien ficelé: aux commandes, nous avons quand même un certain Spielberg, soit l’un des plus grands raconteurs d’histoires de tous les temps…

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