Tarantino offre à DiCaprio l'un de ses plus beaux rôles

©Photo News

Ne boudons pas notre plaisir: Tarantino est de retour. Et il offre à DiCaprio l’un des meilleurs rôles de sa carrière…

Un nouveau film signé Tarantino est toujours un événement en soi. Le réalisateur-star l’a déclaré d’assez nombreuses fois pour qu’on finisse par le croire: il fera 10 films et pas un de plus. Cela fait tellement partie du merchandising que le décompte est indiqué en bonne vue sur l’affiche. Voici donc le 9e film de Quentin Tarantino!

Fera-t-il aussi bien que ses trois chefs-d’œuvre que sont le deuxième opus ("Pulp Fiction", 1994), le sixième ("Inglourious Basterds", 2009) et le septième ("Django Unchained", 2012)?

Cinéma

"Once Upon A Time…in Hollywood"

Note : 4/5

De Quentin Tarantino. Avec Leonardo DiCaprio, Brad Pitt, Margot Robbie, Al Pacino,…

La réponse est: "non". Mais la réponse est aussi: "presque". Car nous sommes ici face un Tarantino bien plus inspiré que pour la précédente livraison: "Les huit salopards" (2015), ce huis clos dans le grand Nord qui ne trouvait jamais de fin.

Ici, nous retrouvons avec un immense plaisir tout ce qui fait la patte du maître. Primo: un décor grandiose (l’Amérique de la fin des années 60, plus précisément Los Angeles, et Hollywood en particulier). Deuxio: des acteurs magnifiés, grâce à des séquences très longues de jeu pur, où le dialogue et le découpage se mêlent pour que l’attention du spectateur se concentre jusqu’à l’apoplexie. Tertio: cette espèce de décontraction, de faux rythme dans la narration, d’errance savamment entretenue, qui va finir par se resserrer pour des scènes d’action où la violence se déchaîne.

La bande annonce de ONCE UPON A TIME IN HOLLYWOOD

L’homme-animal

Parce que chez Tarantino, on assume que nous ne sommes jamais que des hommes, que la brute sommeille en chacun, et que l’animal n’est pas très profondément enfoui. Ses deux héros sont des pions dans l’immense échiquier de l’usine à rêve. L’un est un acteur sur le retour (DiCaprio, époustouflant), l’autre, sa doublure cascade (Brad Pitt) – et son chauffeur – que plus personne ne veut engager car il aurait tué sa femme. Alors que l’acteur essaie de trouver quelques rôles de méchant dans des séries télé genre western (attention, séquences cultes), l’autre se rapproche d’une mystérieuse communauté hippie qui a pris possession d’un ranch à l’écart de la ville…

Le film de Tarantino livre un portrait d’aujourd’hui: une période de prise de conscience (trop molle?), sur fond de déliquescence vintage.

Le spectateur éprouve un réel plaisir à suivre leurs aventures. Mais tout ce plaisir reste un peu léger. Pour atteindre le chef-d’œuvre, il aurait sans doute fallu une structure donnée par un grand contexte épique: le nazisme pour "Inglourious…", l’esclavage pour "Django". Certes, le contexte du faux-semblant hollywoodien est fascinant, avec ses vieux requins (Al Pacino en producteur à cigare), son star système, son aveuglement collectif, son refuge dans la drogue ou la contestation hippie. En cela, le film livre un portrait d’aujourd’hui: une période de prise de conscience (trop molle?), sur fond de déliquescence vintage… Parce que nous ne sommes jamais que des hommes.

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