nécrologie

Terry Jones, le héraut de l'absurde (1942-2020)

Pilier des Monty Python et de leur humour déjanté qui ont marqué les années 1970, le comédien et réalisateur britannique Terry Jones est mort mardi soir à l'âge de 77 ans. Celui qui avait notamment réalisé la comédie culte "La Vie de Brian" souffrait d'une forme de démence depuis plusieurs années.

Il avait un goût immodéré pour les vieilles femmes. Pour les incarner, s’entend. Avec une voix criarde, haut perchée, le Monty Python Terry Jones (1942-2020), décédé ce mercredi, fut la mère de Jésus, ou plutôt de Brian, le jumeau astral de Jésus dans "La vie de Brian" (1979), qui restera sans doute dans les annales comme l’un des films les plus intelligemment drôles de tous les temps.

C’est le fameux feuilleton à sketches "Flying Circus" qui restera sans doute comme l’un des fondamentaux de l’histoire du rire, en ayant pour la première fois fait de l’absurde un art majeur.

C’était le regretté Graham Chapman, disparu précocement en 1989, qui incarnait l’homme à la sainte sandale, sous la houlette de Terry Jones, qui réalisait. Car il était bien souvent au four et au moulin, Terry Jones. Cet ancien d’Oxford, spécialiste d’histoire médiévale (notamment du règne de Richard II) fut le réalisateur de plusieurs films qui prirent certaines libertés (géniales s’il en est) avec l’histoire officielle. "Sacré Graal" nous comptait les déboires d’une bande de bras cassés à la recherche du saint calice dans une Angleterre de carton-pâte: les chevaliers de la table ronde en personne.

Et dans "Le sens de la vie", il revisitait carrément avec ses compères des Monty Python une bonne partie de la philosophie moderne. Mais c’est le fameux feuilleton à sketches "Flying Circus" (1969-1974) qui restera sans doute comme l’un des fondamentaux de l’histoire du rire, en ayant pour la première fois fait de l’absurde un art majeur.

Ce beau parleur était depuis 2015 frappé d’aphasie, maladie dégénérescente qui s’en prend aux fonctions du cerveau liées à la parole. C’est un Terry Jones réduit à quelques mots qui vint à la cérémonie des BAFTA en 2016 pour éveiller les consciences à cette maladie. Devant la crème du cinéma mondial, debout, il prononce deux mots pleins d’ironie: "quieten down" (calmez-vous). Avant de tirer sa révérence. Sylvestre Sbille

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