Trésors de l’enfance

Choum, petit hibou qui se trimballe partout avec un œuf (jumeau de celui d’où il vient d’éclore) rencontre différents animaux sur sa route… ©Picolo Pictures - Bardaf! Productions - RTBF – Ketnet

Récompensé au festival d’Annecy, le film d’animation franco-belge "L’Odysée de Choum" sort ce mercredi au cinéma.

Au dernier festival d’Annecy, la Mecque de l’animation mondiale, une coproduction franco-belge remportait le Cristal de la meilleure production TV. Le secret de la réussite de "L’odyssée de Choum" (sur les écrans depuis ce mercredi)? Une méthode où on privilégie les techniques qui ont fait leurs preuves: souci du détail, dessin image par image et orchestre au grand complet. Rencontre avec le coproducteur belge, Olivier Nomen (Bardaf Productions).

Quelle est la différence entre produire de l’animation et de la fiction "traditionnelle"?

Les coûts et les délais, principalement. Pour Choum, les concepteurs Claire Paoletti et Julien Bisaro ont commencé début 2016. Quatre ans sont des délais sommes toutes raisonnables dans le milieu. Beaucoup de soins sont apportés à l’écriture de l’histoire, puis il y a la phase de préparation avec le story-board (des croquis qui expriment le découpage plan par plan, NDLR). Puis viendront le dessin proprement dit, puis l’animation avec tous les intervalles (24 par seconde, NDLR). Pour Choum, le travail est fait à la main dessin par dessin, sur palette graphique. Nous avons privilégié la 2D plutôt que l’image de synthèse 3D, pas seulement par souci économique, mais surtout afin de respecter l’univers des créateurs. Ensuite viennent la musique, le bruitage, et l’étalonnage, lequel définit plus précisément l’esthétique visuelle du film.

Bande annonce "L'Odyssee de Choum"

Vous parliez des coûts?

Tout cela coûte un peu plus cher que la fiction traditionnelle, vu le temps investi. La bonne nouvelle, c’est que l’animation peut rester longtemps dans le catalogue du producteur ou du distributeur. Elle ne se périme pas vite, et propose un caractère universel qui peut s’exporter dans de nombreux pays. Un épisode de Navarro ne s’adresse qu’au public français. Un film d’animation réussi parlera au monde entier.

Quelle partie de Choum a été faite en Belgique?

Principalement la musique, le mixage et l’étalonnage. Nous avons travaillé avec un orchestre, pour interpréter la partition
originale signée par le compositeur belge David Reyes. Ne me demandez pas quel orchestre, car il a été créé pour l’occasion avec des musiciens de différents horizons. Le bruitage également a été une étape importante. Là aussi, on travaille dans les règles de l’art, avec un bruiteur qui va recréer tous les sons en direct en observant l’image. Cela demande de très nombreux passages. Toutes les couches sonores sont ensuite assemblées au mixage. Il faut accorder autant d’attention au son qu’à l’image. Aucun détail ne peut être négligé.

"La bonne nouvelle, c’est que l’animation peut rester longtemps dans le catalogue du producteur ou du distributeur. Elle propose un caractère universel qui peut s’exporter dans de nombreux pays."
Olivier Nomen
Producteur de Bardaf Productions

Votre prix d’Annecy récompense une production TV…

Oui, le film est d’ailleurs passé sur la RTBF fin 2019 et reste disponible sur Auvio. Pourtant nous savions depuis le début qu’il sortirait également au cinéma. Confinement oblige, il a été retiré de l’affiche au bout de trois petites semaines, cette ressortie est donc très importante pour toute l’équipe. Le film fait 25 minutes, il est accompagné par deux autres courts-métrages. L’idée est de ne pas assommer notre public cible, les 3-6 ans, avec un programme trop long. Cela dit, de nombreux adultes nous ont dit adorer le film, qui permet entre autres une reconnexion avec la nature.

Drame romantique

"La Leçon de Piano"

♥ ♥ ♥ ♥ ♥

De Jane Campion,

avec Holly Hunter, Harvey Keitel et Sam Neill

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