Un été au ciné

Après "La belle et la bête" ou "Aladdin", c’est "Le roi lion" dont Disney révèle cette semaine la revisite en format "live action". ©© Disney Enterprises/The Hollywo

Qui sera le roi de l’été? Le roi lion? Ou le roi Maradona, grâce au docu-vérité attendu par tous les fans? À moins que ce ne soit le roi Luc Besson, avec sa énième variation de femme-guerrière ("Anna")? L’Echo parie plutôt sur le roi Tarantino, ses stars (Pitt, DiCaprio) et sa vision décalée du Hollywood des années 70…

Les grosses chaleurs et la salle obscure ont toujours fait bon ménage: on s’y retrouve entre amoureux fébriles pour voir si on aura la même vision des choses, on s’y donne rendez-vous entre potes pour un mélange pop-corn/frissons, on s’y réfugie aussi pour la fraîcheur climatisée. Et puis les films d’été ont cette saveur particulière, synonyme de vacances, d’insouciance, de liberté, bref d’une évasion bien méritée après une année de travail.

Du point de vue des exploitants de salles et autres distributeurs, c’est une période clé. Surtout aux Etats-Unis, où les blockbusters s’enchaînent avec une précision de métronome afin de remplir les caisses. Chez nous, on panache: films pour jeune public, horreur, films d’auteur qu’on n’a pas réussi à caser, voire coup de poker avec des films improbables mais que l’été pourrait bien valoriser à sa manière.

Pour jeunes (et vieux) enfants

Un grand classique du film estival: le jeune public. C’est les vacances, et pour ceux qui ne partent pas (ou qui sont partis dans un endroit où il pleut), il faut bien s’occuper. À tout seigneur tout honneur: c’est "Toy Story 4" qui risque de régner sans partage. Mais à partir du 17 juillet, il faudra qu’il fasse un peu de place pour un autre genre, réputé familial au sens large: le reboot du roi de la jungle (et du box-office mondial avec 968 millions de dollars), "Le roi lion" en personne.

Le Roi Lion (2019) - Bande-annonce

Cette fois, pas de dessins animés comme dans l’original de 1994, mais des images de synthèse pour faire plus vrai. C’est d’ailleurs la politique officielle Disney: refaire petit à petit les grands classiques en "live action": "La belle et la bête", "Le livre de la jungle", "Dumbo", "Aladdin"… en attendant "La belle et le clochard" (fin 2019) et "Mulan" en 2020.

On aura également droit à "Playmobil le film" (après les films Lego, quoi de plus logique?) et surtout, en fin d’été, à l’adaptation de la série de romans culte "Artemis Fowl": c’est Kenneth Branagh ("Cendrillon" en images réelles, tiens, tiens), qui va essayer de donner de l’ampleur à ce jeune roi du crime, toujours dans le giron Disney bien entendu.

Et pour les fans d’aventures exotiques, mentionnons "Dora l’exploratrice", qui prend chair sous nos yeux le 14 août. Son but: sauver ses parents, et une mystérieuse "cité d’or". Gageons qu’elle aura plus d’un tour dans son sac…

Playmobil - Le Film | Bande Annonce VF

Frissons garantis

Et des vraiment bons films, il y en a?

Mythe oblige, commençons par l’ami Quentin Tarantino, "Once upon a time… in Hollywood". Nous sommes en 1969, ce sont les années Nixon et celles de la contestation. Les années aussi qui voient le début du nouvel Hollywood et d’une autre manière, plus libre, de faire du cinéma… Un acteur prisonnier des rôles de cow-boy (DiCaprio) fait passer le temps avec sa doublure "cascades" (Pitt). Mais un horrible fait divers vient au travers de leur route: la jeune actrice Sharon Tate vient d’être assassinée par un gang d’illuminés conduit par un certain Charles Manson

Au rayon de "ces films qui pourraient surprendre tout le monde et se tailler une part du lion", pointons un petit chef-d’œuvre tout droit venu d’Écosse: "Wild Rose" (17 juillet). Rosie sort de prison, et elle ne pense qu’à une chose: devenir la chanteuse country qu’elle devrait être. "Et tes enfants dans tout ça?", lui demande sa mère. Pour être une bonne mère, je dois d’abord rencontrer mon destin, répond Rosie. "Vous pouvez oublier ‘A star is born’", dit l’affiche. Et c’est vrai.

Un été digne de ce nom doit comporter plusieurs films d’horreur. On commence très fort dès ce 3 juillet avec le retour de la poupée maudite Annabelle ("Annabelle comes home"), aperçue pour la première fois dans une vitrine de l’excellent "Conjuring".

Ensuite, il faut attendre le 24 juillet pour "Crawl". On ne sait pas bien si le titre invite à ramper ou à pratiquer le crawl, sans doute les deux car les protagonistes sont poursuivis par un alligator géant. Le film est signé par le fils d’Alexandre Arcardy, Alexandre Aja, à qui l’on doit les très réussis "Haute tension" (avec Cécile de France) et "La colline a des yeux". Ensuite, on reprend son souffle jusqu’au 7 août pour "Scary stories to tell in the dark" du réalisateur qui nous avait proposé il y a trois ans l’abominable (dans le bon sens du terme) "The autopsy of Jane Doe".

Les Français jouent la diversité

Et Christian Clavier, dans tout ça? Surprise: il recycle pour la 36e fois son personnage de vieux bourge bougon. Son fils a réussi son bac, et il a le droit de choisir la destination des vacances. Ce sera "Ibiza". Sa musique, sa drogue, ses bimbos. "Mais qu’est-ce que c’est que ce binz?" On se le demande.

"Ibiza" - bande annonce

Dans le même genre "plage, soleil et crustacés", Chantal Ladesou (pensionnaire des Grosses Têtes) débarque dans son premier grand rôle: "C’est quoi cette Mamie?!" Les films qui comptent un "?!" dans le titre peuvent en effrayer plus d’un. Ici, c’est pour coller au premier volet dont il est la suite: "C’est quoi cette famille?!" et ses… 750.000 entrées qui expliquent tout.

Grand écart pour rejoindre Claude Lelouch, pour "Les plus belles années d’une vie", soit la suite de la suite de "Un homme et une femme" (Palme d’or 1966, quand même). Avec toujours Jean-Louis Trintignant et Anouk Aimée, limite grabataires, mais toujours aussi beaux.

Quota belgitude avec "Patrick"

Patrick - Bande annonce

Attention OFNI (Objet filmique non identifié)! Voici un film flamand totalement improbable. Le pitch? Un jeune homme (le Patrick qui donne son nom au film) hérite du camping familial au milieu des bois. Mais ce n’est pas un camping comme les autres: il est naturiste. C’est donc en tenue d’Adam que Patrick vaque. Mais il ne vaquera pas longtemps, tant il est tarabusté. Et on le comprend: il a perdu son marteau préféré. Le surréalisme belge ralliera-t-il le grand public? Réponse le 28 août.

Rayon docus Maradona contre Varda

Ils l’attendent depuis des mois. Qui? Les aficionados. Quoi? Le film sur le dieu vivant, le plus grand joueur de tous les temps, capable de revenir quand on ne l’attend plus (même à Naples), et de marquer de la main en quart de finale de Coupe du Monde (la "main de Dieu" – Dieu, encore Lui – contre l’Angleterre le 18 juin 1986). Celui qui n’ira pas le voir, c’est Diego himself – et il enjoint ses fans à faire pareil. Pourquoi? Parce que sur l’affiche figure le mot "tricheur" (aux côtés de "héros", "rebelle" et "Dieu", toujours). Mais les fans iront quand même. Parce que Asif Kapadia a gagné un oscar pour "Amy" (sur Amy Winehouse)? Non, parce que Maradona, nous, on y croit. Voilà.

Toute autre ambiance: le dernier film d’Agnès Varda ("Varda par Agnès") que les amoureux de la femme aux cheveux blancs-roux découvriront avec beaucoup d’émotion.

Varda y livre un testament où elle nous propose une lecture de son œuvre en forme de florilège. Elle se confie à sa propre caméra, avec toute l’espièglerie qui la caractérise.

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