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Une Lady Gaga méconnaissable et royale dans "House of Gucci"

Lady Gaga est méconnaissable dans son rôle de Patrizia Reggiani, la femme qui a semé la discorde dans la famille Gucci. ©Metro-Goldwyn-Mayer

Après "Le dernier duel" sorti en octobre, Ridley Scott signe avec "House of Gucci" son deuxième film cet automne. Pour incarner le couple le plus sensationnel et glamour du monde de la mode, le réalisateur choisit Lady Gaga et Adam Driver.

L’assassinat, en 1995, de Maurizio Gucci, le patron de la célèbre marque italienne, commandité par son ex-épouse Patrizia Reggiani, fut le fait divers le plus commenté et médiatisé de l’époque. Il inspira un livre à la journaliste Sara Gay Forden, en 2000, se présentant sous le titre "House of Gucci, une histoire sensationnelle de meurtre, de folie, de glamour et d’avidité" qui a servi de base au scénario de Ridley Scott. De fait, tous les éléments alignés dans ce titre sont présents dans le film.

Avec un accent prononcé qui fait penser à un accent italien ayant croisé un accent russe, Lady Gaga nous annonce la couleur (rouge sang) d’emblée. "Gucci, un nom d’élégance mais aussi une malédiction", lance-t-elle dans l’intro. Dans la peau de Patrizia Reggiani, figure féminine principale du film, Gaga est méconnaissable. Fille d’un entrepreneur dans le transport routier, la signorina Reggiani a la dégaine d’une ravissante brune sexy que sifflent les camionneurs. Jusqu’au soir où, lors d’une soirée, elle fait la connaissance de Maurizio Guucci, l’un des héritiers de la marque de mode. Interprété par Adam Driver, Maurizio a tout d’un grand échalas un peu coincé qui arbore, certes, des mocassins et une ceinture Gucci mais se prépare à devenir juriste. Patrizia vampe Maurizio et, contre l’avis du père de ce dernier, finit par l’épouser.

Bande-annonce "House of Gucci"

Le film bascule dans un thriller familial à la Borgia. Si Aldo était Rodrigo Borgia, alors Patrizia serait Lucrezia.

De l’autre côté de l’Atlantique, Aldo Gucci, joué par Al Pacino, rêve du marché japonais et de l’introduction de l’enseigne Gucci dans les centres commerciaux. Cet oncle, qui a tout d’un chef de clan, invite le jeune couple à sa fête d’anniversaire et de fil en aiguille à prendre des galons au sein de l’entreprise. C’est à ce moment-là que le film bascule dans un thriller familial à la Borgia. Si Aldo était Rodrigo Borgia, alors Patrizia serait Lucrezia. Tous vont se séduire, se trahir et contribuer à leur propre perte.

Fashion sphere

La saga Gucci, au-delà du fait divers, c’est aussi l’histoire palpitante de l’avènement, de la ruine et enfin de la renaissance d’un fleuron de la mode italienne. Créée à Florence, au début des années 20, elle passa des bagages en cuir aux sacs Bamboo et aux mocassins marqués du mors ou du double G dans les années 50.

Lady Gaga, qui a obtenu une nomination pour son rôle dans "A Star Is Born", en 2019, pourrait à nouveau briguer une nomination pour "House of Gucci".

Grace Kelly fut, dit-on, l’inspiratrice du foulard Flora, un imprimé-culte de la marque. Participant à l’essor de la mode italienne, dans le courant des années 80, au même titre qu’Armani et Versace, Gucci fut peu à peu aspirée par des groupes industriels étrangers. Investcorp, basé au Bahreïn d’abord, Kering, le groupe dirigé par le Français François-Henri Pinault ensuite.

Un Oscar pour Lady Gaga?

Le film ne fait pas l’impasse sur ces aspects-là ni sur l’ère du porno-chic où, dans les années 90, Tom Ford fut nommé directeur artistique des collections Gucci.

Des personnalités liées à la célèbre maison telles Salma Hayek, qui n’est autre que l’épouse de François-Henri Pinault, et Jared Leto, l’un des ambassadeurs de la marque, tiennent ici des rôles pour le moins savoureux, bien qu’un peu caricaturaux. Comme pour Lady Gaga, l’accent italien trop forcé passe pour problématique. On se dit qu’il aurait peut-être mieux valu engager des acteurs italiens pour arriver à un résultat crédible.

Sauf qu’avec des Italiens d’origine, "House of Gucci" aurait peiné à entrer dans la course aux Oscars. Et bien sûr, cela fait partie du jeu. Lady Gaga, qui a obtenu une nomination pour son rôle dans "A Star Is Born", en 2019, pourrait à nouveau briguer une nomination pour "House of Gucci". Mais elle devrait faire face à d’autres favorites comme Kristen Stewart, Nicole Kidman et Olivia Colman… Autant dire que ce n’est pas gagné même si sa réplique "Au nom du père, du fils et de la Maison Gucci" restera dans les annales.

Drame biographique

"House of Gucci"

Par Ridley Scott

Avec Lady Gaga, Adam Driver, Jared Leto, Al Pacino, Salma Hayek

À voir à partir du 24 novembre 2021

Note de L'Echo:

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