Une (très) bonne semaine de cinéma

Bigfoot Family, une épopée verte et familiale signée Ben Stassen.

Cette semaine dans les salles obscures: un film d’horreur intergénérationnel, de la comédie argentine, du film d’animation belgo-international, et un drame allemand avec des migrants.

Relic

Le cinéma d’horreur dans une bonne salle bien climatisée, quoi de meilleur? Depuis l’effet "Conjuring" plus un seul été sans au moins un bon film d’épouvante. Celui-ci n’est pas du tout venant, puisqu’il a été sélectionné à Sundance, avant d’être plébiscité par la critique US. L’histoire: trois générations de femmes. La fille et la petite-fille rejoignent la grand-mère dans sa grande maison isolée. Mais la grand-mère semble avoir disparu… mais pas totalement. Avec notamment l’Anglaise Emily Mortimer, déjà vue dans "The Bookshop". Nos angoisses (freudiennes) déshabillées, et rhabillées de neuf…

Bande-annonce "Relic"

Les losers héroïques

Ceux qui ont déjà repéré l’acteur argentin Ricardo Darin ("Neuf Reines", "Carancho", "Les nouveaux sauvages", "Truman") savent qu’il envoie du bois. Le voici à la tête d’une bande de bras cassés du fin fond de la Pampa. Toutes les économies du village sont parties en fumée à cause du krach de 2001. Mais il apparaît que le banquier est parti avec le magot. Vengeance dans l’air, donc… Derrière les ficelles comiques apparaît un portrait de groupe très touchant, des êtres en décalage qui rappelle un peu l’ambiance "Strip-Tease". Voici donc une des bonnes surprises de l’été.

Bande-annonce "Les losers héroïques"

Bigfoot Family

Après le succès international de "Bigfoot Junior", le Belge Ben Stassen poursuit sa variation autour du Yéti. Sauf que le Yéti est père de famille, et qu’il doit lutter contre une vilaine entreprise qui veut nous vendre du pétrole "vert" (et l’extraire dans une belle forêt primaire). Gags à gogo, bien sûr, mais aussi valeurs écolos. Le film rencontrera-t-il le succès des autres animations signées Stassen ("Royal Corgi", "Le Voyage extraordinaire de Samy")? C’est tout le bien qu’on lui souhaite.

Bande-annonce "Bigfoot Family"

Berlin Alexanderplatz

On termine avec le grand film de la semaine, en termes de longueur (3 heures) mais surtout en termes d’ambition cinématographique. C’est une adaptation moderne du chef-d’œuvre littéraire signé Alfred Döblin (1929), déjà proposé sous forme de série (culte) par le génie allemand Fassbinder en 1979. Ici, le héros est un migrant, confronté à l’Occident sous la forme d’une mégapole sans foi ni loi (Berlin, dans son propre rôle). On notera l’incroyable puissance des images, la justesse des acteurs (dont Albrecht Schuch, repéré dans "System Crasher"), et bien sûr l’ampleur narrative héritée du livre. Du grand art.

Bande-annonce "Berlin Alexanderplatz"

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