"Vice" ou l'homme derrière George W. Bush

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"Vice", d’Adam McKay, retrace le parcours atypique du vice-président Dick Cheney. Un être en apparence insignifiant qui a eu l’idée de la guerre en Irak…

"Vice"

Note: 2/5

D’Adam McKay. Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Carell…

Le biopic politique, c’est un genre en soi dans le cinéma américain. On se souvient notamment de "Lincoln" par Steven Spielberg et "Nixon" par Oliver Stone. Adam McKay, déjà auteur de "The Big Short: le casse du siècle", récompensé par l’Oscar du meilleur scénario adapté en 2016, s’est intéressé, lui, non pas au numéro 1 mais au numéro 2 de l’administration américaine du début des années 2000.

Bande-annonce

Dick Cheney n’est donc pas un politicien dont on retiendrait obligatoirement le nom. Et comme le surligne à gros trait le réalisateur, il aurait pu même ne jamais exister sur l’échiquier politique. Pour l’incarner à l’écran, le choix s’est porté sur Christian Bale. Le Patrick Bateman d'"American Psycho" et le Batman de "Batman Begins". Une star déjà oscarisée dont l’art de la transformation s’illustre parfaitement ici.

Du Wyoming à Washington

En 1963, Dick Cheney est un jeune homme du Wyoming qui préfère se soûler au bar avec des copains plutôt que de mener des études sérieuses. "Jeune, diront ceux qui l’ont connu, c’était un connard". Sa chance sera son amour de jeunesse, Lynne, avec qui il fondera une famille et entamera un itinéraire politique en commençant comme porte-serviette de Donald Rumsfeld.

Derrière chaque homme politique, il y a une femme forte, selon l’adage. Incarnée par l’épatante Amy Adams, Lynn Cheney aurait, sans doute, mérité sa place officielle au sein du gouvernement. Au-delà de certains clichés, le film se base sur une tonne de documents et comporte de nombreuses images d’archives. On n’est donc guère loin du docu-fiction. Il faut bien cela pour comprendre l’intérêt que l’on porte à Dick Cheney si l’on n’est pas très versé en politique américaine.

Le parti pris d’Adam McKay, un démocrate (pro Bernie Sanders) qui pense que Bill Clinton a "tué" le parti démocrate, vise à démonter et démontrer qu’un mec vraiment ordinaire peut conquérir le pouvoir et changer le monde. Qui a géré la crise après les attentats du 11-Septembre? Dick Cheney. Qui s’est laissé influencer par des stratèges pour désigner un coupable? Le même. Qui a poussé à la guerre contre l’Irak et à la mort de Saddam Hussein? Vous avez son nom.

Ce portrait au vitriol, par moments très comique et le plus souvent ironique – le jeu de Sam Rockwell dans le rôle de George W. Bush vaut son pesant de pop-corn – est assez vertigineux.

Mais l’abus d’allers et retours dans le temps n’aide pas à la compréhension, ni à la légèreté. Le plus intéressant sans doute, à nos yeux, est le lien de Cheney avec sa famille et son soutien, courageux pour un Républicain, à sa fille ouvertement homosexuelle. Mais, comme "Vice" nous en informe, là aussi, Dick Cheney a eu ses limites.

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