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Woody Allen en mode comédie touristique

Gina Gershon et Wallace Shawn dans le dernier film de Woody Allen. ©Quim Vives

"Rifkin’s Festival" de Woody Allen nous embarque au Festival de San Sebastian en compagnie de Wallace Shawn, Gina Gershon et Louis Garrel. Avec, surtout, des vues très flatteuses de la cité basque espagnole.

Toujours sous le coup des accusations pour agressions sexuelles de sa fille Dylan Farrow, Woody Allen a vu, ces dernières années, ses films quasiment interdits de distribution en salles sur le marché américain. Le précédent, "Un jour de pluie à New York", sorti en 2019, n’avait pu bénéficier d’une promo normale car ses acteurs, tels Timothée Chalamet, avaient refusé de participer au service après-vente pour ne pas se compromettre avec Allen… Du coup, à quatre-vingt-cinq ans, le cinéaste a décidé de quitter Manhattan pour un temps et s’en est allé du côté de San Sebastian, sur la côte basque espagnole. Là où se tient chaque année, à la mi-septembre, un festival de cinéma. Le "Rifkin’s Festival" a été tourné à cet endroit et durant l’édition 2019 de cette manifestation. Il se présente comme une production italo-hispanique-américaine.

Au-delà de l’intrigue au goût de déjà-vu, "Rifkin’s Festival" rend hommage à tous les grands réalisateurs que Woody Allen vénère.

Les obsessions alléniennes

Cette comédie estivale démarre chez le psy. Autant dire que c’est un vrai Woody Allen. Son alter ego, c’est l’acteur Wallace Shawn (qui apparaissait déjà dans "Manhattan", l’un des plus grands succès d’Allen) qui raconte l’histoire de son voyage en Espagne. Auteur en quête de chef-d’œuvre, il accompagne son épouse (Gina Gershon), attachée de presse pour des films. "Les festivals de cinéma ne sont plus ce qu’ils étaient", lâche-t-il.

Reprenant un thème qui lui est cher, le réalisateur nous entraîne dans les problèmes de ce couple où rapidement chacun va tromper l’autre.

Amer, sans doute, Woody Allen n’a plus eu accès aux grands festivals internationaux depuis un moment. Reprenant un thème qui lui est cher, le réalisateur nous entraîne dans les problèmes de ce couple où rapidement chacun va tromper l’autre. Elle avec un réalisateur français pédant, l’irrésistible Louis Garrel, lui avec une toubib espagnole, incarnée par Elena Anaya. S’y ajoutent les quelques obsessions habituelles du réalisateur comme l’hypocondrie – son personnage masculin principal veut consulter le docteur pour une piqûre d’insecte – et le jazz dès le générique.

Film promotionnel

Au-delà de l’intrigue au goût de déjà-vu, "Rifkin’s Festival" rend hommage à tous les grands réalisateurs que Woody Allen vénère. Et ces séquences-là, filmées en noir et blanc, sont drôlement bien réussies. Tout y passe, de Godard à Truffaut, de Fellini à Bergman. On se demande si Allen n’aurait pas dû aller davantage dans cette direction. Mais son cahier des charges prévoyait, très vraisemblablement, une visite guidée de la ville de San Sebastian. Sa plage, son marché, les endroits les plus romantiques, les bâtiments les plus impressionnants. Cela donne à son "Rifkin’s Festival" un côté film promotionnel pour le tourisme basque assez étonnant, voire gênant. On espère qu’il se rattrapera la prochaine fois, s’il y a une prochaine fois…

Bande-annonce "Rifkin's Festival"

Comédie

«Rifkin's Festival»

Par Woody Allen

Avec Gina Gershon, Wallace Shawn, Louis Garrel et Elena Anaya

À voir à partir du 4 août.

Note de L'Echo:

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