Des sacs de luxe faits par des détenus mexicains

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Des prisonniers mexicains créent des sacs à mains de luxe grâce au programme de réhabilitation par le travail "Prison Art". Ils gagnent ainsi un salaire, des perspectives d'emploi et une activité qui fait passer le temps plus vite.

Le principe de "Prison Art" est simple: des détenus mexicains créent des sacs à main de luxe derrière les barreaux.

Ce programme de réhabilitation par le travail a été lancé par Jorge Cueto en 2012. L'idée lui est venue lorsqu'il était lui-même en prison pour fraude, avant d'être innocenté.

Les participants passent des heures penchés sur des morceaux de cuir. Ils "tatouent" le cuir avec un appareil de fortune: un stylo à bille, une aiguille et une batterie de téléphone pour l'alimenter.

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Bientôt, ces motifs orneront sacs et autres articles en cuir vendus plusieurs centaines de dollars dans les quartiers huppés de Mexico ou dans les villes touristiques de San Miguel de Allende ou de Playa del Carmen. Jorge Cueto espère par ailleurs ouvrir prochainement des magasins aux Etats-Unis, à Londres ou Ibiza. Acheter ces produits, "c'est une option pour ceux qui veulent aider (les prisonniers). L'idée, c'est d'avoir des produits d'une qualité telle, qu'ils suscitent le désir", explique-t-il.

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"Avec ça, la journée se fait un peu plus courte. Je ne vois même pas l'heure qu'il est. Je prends le petit-déjeuner, je mange et le reste de la journée, je suis plongé là-dedans", assure Ezequiel Pérez, un jeune homme grand et sec de 24 ans, enfermé après un double homicide.

Peu importe le crime commis, le sexe ou l'âge. Les seules conditions pour participer à "Prison Art", projet lancé par une fondation privée: ne pas consommer de drogues, suivre une thérapie de désintoxication et verser la moitié de son salaire à sa famille.

400 dollars/mois

Après 2 ans et demi d'existence, "Prison Art" est déjà présent dans six prisons mexicaines et a donné du travail à 240 détenus et ex-détenus.

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Avec un salaire qui peut atteindre les 400 dollars par mois, ce travail est bien plus rémunérateur que la vente des objets fabriqués à la va-vite dans les ateliers de menuiserie ou d'artisanat des centres de détention. 

Pour se procurer du savon, du dentifrice ou du papier toilette, avoir de l'argent est indispensable pour ces condamnés, dont les proches ont souvent des moyens limités. "Souvent, ma famille ne peut pas m'aider. C'est une source de revenus", explique dans un espagnol sommaire Leonor Reyes, une brodeuse indigène de 48 ans, mère de six enfants accusée de vol de bijoux.

Un travail à la sortie

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Outre le salaire, versé que les pièces en cuir soient utilisées pour les sacs ou pas, les participants sont motivés par la perspective d'un travail à la sortie, ce que prévoit également "Prison Art". "Ce n'est pas que les prisons au Mexique soient des universités du crime, c'est la société elle-même qui limite les opportunités des jeunes qui sortent, qui fait en sorte qu'ils commettent de nouveaux délits", estime Jorge Cueto.

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