Le mobilier design cartonne

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Le mobilier des années 40-50 connaît une envolée significative dans les salles de vente sous l’impulsion de quelques grands.

Selon le rapport TEFAF paru en 2016, le marché des ventes aux enchères de pièces design en Europe et aux Etats-Unis a atteint l’an dernier une valeur de 322,6 millions d’euros. Un sommet pour une tendance qui ne fait que se confirmer depuis 7 ans.

Les ventes aux enchères prolifèrent et l’abondance de l’offre ne pèse pas sur les résultats, que du contraire. Ce phénomène concerne le design de différents styles: Art Déco, design contemporain ou mobilier ancien. Soit, depuis 2009, pas moins de 31 millions de lots vendus dans 29 pays par 315 maisons de ventes.

Et l’arrivée de nouveaux noms et de styles plus récents (comme les années 60 ou 70 encore partagées entre le "vintage" et le marché de l’art) de même que l’intérêt accru de certains marchés comme l’Asie ne vont faire que soutenir la donne.

La plateforme d’agrégation de ventes aux enchères en ligne Barnebys a compilé ses données concernant une quinzaine de designers internationaux (les plus demandés sur ce moteur de recherche), pour analyser les tendances de ce marché du mobilier d’art. Trois maîtres du design pour chacun de ces pays: Danemark, Suède, Finlande, France et Etats-Unis.

À elle seule, cette pléiade de stylistes des années 40 et 50 concentre 38.3 millions d’euros, soit un peu plus de 12% de la valeur globale du marché du design.

À titre d’exemple, Pierre Jeanneret ne réalisait que des scores modestes en 2009. Mais depuis 2010, les salles de ventes organisent des ventes spécifiques autour du design d’après-guerre. Signe que le style a acquis ses lettres de noblesse. Ces ventes attirent un nouveau public et donnent une nouvelle visibilité aux designers.

La maison parisienne Artcurial organise en 2010 deux ventes entièrement consacrées aux pièces de Le Corbusier et de Jeanneret. Elles totalisent plus de 5,4 millions d’euros. Ces deux séances lancent non seulement la cote de Jeanneret qui n’a pas fléchi depuis, mais du marché du design en général. Dans la foulée, la maison Leclere vend une table du même auteur français pour 62.000 euros. Jeanneret a totalisé près de 4 millions de ventes en 2015 et près de 3 millions encore en 2016, avec un record à 223.800 euros.

Jean Royère, connu pour ses meubles aux formes sensuelles, a vu les prix moyens de ses œuvres grimper de 300% depuis le début de la décennie, passant de 30.000 euros à plus de 110.000 euros. Son célèbre canapé "Ours Polaire" (photo) a atteint 672.000 euros lors d’une vente Philips à New York. Et l’essentiel des ventes se fait pourtant dans son pays d’origine, la France.

Progressivement, le monde du design mobilier s’internationalise. Il y a moins de dix ans, le nom de Axel Einar Hjorth ne dépassait pas le cercle des initiés suédois. Il est maintenant l’un des designers suédois les plus cotés au monde. Au Danemark c’est Wenger qui emporte la cote, (4 millions d’euros en 2016), mais c’est sans doute sur Juhl qu’il faut miser. En Filnade, la cote de Saarinen reste particulièrement soutenue en 2016, alors que le marché était en repli un peu partout. Enfin aux Etats-Unis, où le marché a subi un sérieux recul en 2016 après plusieurs années de croissance, Harry Bertoia tire très nettement son épingle du jeu selon le rapport de Barnebys.

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