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interview

"Chaque génération crée son propre fossé"

"Coyotes" ©Panache Productions - RTBF - Proximus

"Coyotes", c'est la nouvelle série belge menée par une grappe d’acteurs et d'actrices à la vingtaine et au regard pétillant quand on évoque l’impact culturel de la jeunesse actuelle.

Que se passe-t-il quand sont mises en contact une bande d’ados et une somme d’argent aussi colossale qu’illégale sous forme de diamants volés? Un récit frais et sincère appelé "Coyotes", du nom de la patrouille formée notamment par Mangouste, Furet et Kevin, respectivement interprétés par Sarah Ber, Kassim Meesters et Louka Minnella. En toute décontraction, le trio s’est livré sur l’empreinte qu’imprime la nouvelle génération dans les métiers et les représentations de la culture belge.

C’est quoi être un·e jeune acteur·rice belge aujourd’hui?

Kassim Meesters: J’ai l’impression que la culture belge devient une marque déposée. On a longtemps été considéré comme une province de la France d’un point de vue culturel et artistique. Là d’un coup, ce sont des artistes belges qui débarquent et ils ont un petit truc qui les différencie, sans qu’on arrive vraiment à dire ce que c’est.

"Vu qu’il y a beaucoup d’écoles en Belgique, il y a aussi énormément de sortants, donc une multitude de gens de notre âge qui ont cette envie-là en même temps. Mais ça favorise aussi la création de jeunes collectifs. "
Sarah Ber
Actrice

Sarah Ber: Vu qu’il y a beaucoup d’écoles en Belgique, il y a aussi énormément de sortants, donc une multitude de gens de notre âge qui ont cette envie-là en même temps. Mais ça favorise aussi la création de jeunes collectifs. Les jeunes arrivent à trouver un moyen de rentrer dans ce milieu, par la porte traditionnelle ou en créant des festivals, à travers de jeunes créations, etc. 

Louka Minnella: Et pour avoir tourné un peu en France, les productions n’osent pas, ou moins. En Belgique, on se permet d’aller vers des choses plus risquées, on ose.

Ça indique un gap générationnel du métier, d’après vous?

K. M.: Je pense que oui. Plus on avance dans les générations, moins on prend au sérieux les grands rituels importants de ce que peut représenter l’artistique. Pas mal de codes sont brisés à cause de ça, ou grâce à ça. Se prendre moins au sérieux permet de créer de nouvelles choses. C’est énormément d’héritage bien sûr, mais chaque nouvelle génération crée aussi son propre fossé, avec un nouveau code, de nouvelles façons de faire, de nouveaux répertoires.

"Aujourd’hui, être jeune, c’est des hauts et des bas tout le temps, il n’y a pas de juste milieu."
Louka Minnella
Acteur

S. B.: Et des barrières sautent aussi entre les disciplines, de plus en plus. Dans "Coyotes" par exemple, la place de la musique est hyper importante. C’est Daniel Offermann qui l’a créée et nous, on l’a entendue avant de tourner, pour pouvoir s’appuyer dessus. C’est propre à la Belgique aussi, le côté interdisciplinaire, ça communique beaucoup.

Vos personnages racontent aussi leur génération?

L.M.: Oui, on est vraiment dans le vif du sujet, dans le sens où chaque personnage a ses problèmes, ses questions, et tout au long de la série ils vont évoluer avec tout ça. Aujourd’hui, être jeune, c’est des hauts et des bas tout le temps, il n’y a pas de juste milieu. Et "Coyotes", c’est ça: des moments où les personnages sont hyper joyeux, puis d’un coup, ça redescend dans une sorte de galère qui nous déchire tous.

Coyotes

S.B.: Et le rapport à l’argent, c’est un truc qui est très adulte. Je me souviens quand mes parents parlaient de la droite, la gauche, le capitalisme, je ne comprenais rien! Donc c’est intéressant de mettre des diamants dans les mains d’ados, parce qu’ils n’en comprennent pas tout à fait la valeur. Il y a là une liberté immense, et en même temps sans comprendre tous les problèmes que ça peut apporter. L’histoire en est d’autant plus marquante.

Dans ce cheminement, vos personnages incarnent alors différentes facettes de l’engagement de la jeune génération?

S. B.: Mangouste, c’est clair, elle veut faire Sciences-Po. Je ne sais pas si elle se rend bien compte de que cela signifie, mais ça l’intéresse et elle a un certain niveau sur ces questions.

"J’ai l’impression que la culture belge devient une marque déposée."
Kassim Meesters
Acteur

K. M.: Furet, sa famille lui a mis beaucoup de choses dans la tête, des principes très droits, très fixés sur certains points de vue. Mais par ses rencontres et ses valeurs scoutes, entre autres, il va se retrouver à devoir remettre en question pas mal de choses.

L. M.: Je pense que Kevin, c’est celui qui vote blanc, ou qui n’ira pas voter! En tant que jeune aujourd’hui, on a une responsabilité, dans le sens où tout est en train de se détruire. Et Kevin, c’est le personnage qui est un peu perdu au milieu de tout ça. Il pense beaucoup à lui. Sur la longueur, il s’ouvre un peu plus aux autres, peut-être qu’après ça, il va s’ouvrir un peu plus au monde.

Thriller

"Coyotes" (RTBF)

Réalisée par Gary Seghers et Jacques Molitor (Belgique | 2021) .

Disponible sur Auvio.

Note de L'Echo: 3/5

Retrouvez toutes nos chroniques dans notre dossier L'Echo des séries

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