"I May Destroy You" prend le temps de l’inconfort

©doc

Si vous avez déjà entendu parler de "I May Destroy You", c’est probablement avec un enthousiasme délirant et élogieux. Une réaction tout à fait sensée.

Capitalisant sur le succès phénoménal qu’elle a rencontré sur Twitter, puis avec son livre contant tous les degrés de flegme des millennials en début de trentaine, Arabella (Michaela Coel) travaille sur son second ouvrage. Ou plutôt, essaye. Alors qu’une nuit blanche s’impose pour rendre une première version dans les temps, l’autrice prend une pause, qui se prolonge en verres dans un bar, puis en shots, puis en "black-out". Le lendemain, des flashes d’images l’assaillent, et elle comprend. Elle a été violée.

Michaela Coel signe ici une série inclassable: intelligente, drôle, sombre, subtile et profonde à la fois.

Avec un talent palpable à chaque épisode, Michaela Coel livre avec "I May Destroy You" la série la plus riche actuellement sur nos écrans. Si la créatrice, réalisatrice et actrice s’était déjà montrée convaincante dans l’art de la comédie avec "Chewing Gum" (Netflix), elle signe ici une série inclassable: intelligente, drôle, sombre, subtile et profonde à la fois.

De plus, l’autrice conserve de "Chewing Gum" un décalage systématique de quelques degrés qui grattent et une capacité particulière à prendre ses spectateurs et spectatrices au dépourvu sur des sujets pourtant familiers. Si la question du consentement sous toutes ses formes sert de fil rouge au récit, "I May Destroy You" a aussi l’audace et le talent de rendre compte des tâtonnements d’une génération entière.

Bande-annonce "I May Destroy You"

"I May Destroy You" (HBO et BBC1)

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Créée par Michaela Coel (UK|2020)

En Belgique sur Betv ce jeudi 15 octobre

Retrouvez toutes nos chroniques dans notre dossier L'Echo des séries

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