La masculinité aussi n'est plus de série

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Les fictions se peuplent petit à petit d’hommes qui craquellent progressivement les codes d’une virilité réductrice.

Enrichir le portrait des héroïnes sérielles ne peut se faire qu’en gardant un œil sur leurs pendants masculins et les stéréotypes dans lesquels ils sont encore construits. Si la route est encore longue, les fictions se peuplent petit à petit d’hommes qui craquellent progressivement les codes d’une virilité réductrice. Petit tour non exhaustif des propositions actuelles made in Netflix.

1. L’hypersexualité ébranlée

L'Echo des séries

Retrouvez toute l'actualité des séries décryptée sous l’œil de nos sérivores, Barbara Dupont et Mathieu de Wasseige!

Otis, 16 ans, vierge, terrifié à l’idée de se masturber. En plus d’être le cours d’éducation sexuelle le plus engageant du moment, "Sex Education" met en scène un héros à l’aise avec sa sensibilité, qui défie l’idée increvable d’une masculinité forcément sexuelle.

2. Le mythe viril déconstruit

Avec ses allures d’homme invincible, Terry Crews (qui s’illustre dans la sitcom "Brooklyn Nine-Nine") a été l’une des premières voix masculines à s’exprimer du côté des victimes dans le sillage de #MeToo, taclant au passage un certain culte de la virilité, qu’il interroge avec son personnage de l’agent Terry Jeffords dans la sitcom "Brooklyn Nine-Nine".

3. La toxicité à la loupe

"Sex Education" met en scène un héros à l’aise avec sa sensibilité, qui défie l’idée increvable d’une masculinité forcément sexuelle.

"BoJack Horseman" est probablement l’une des séries les plus cyniques de son temps, que son créateur Raphael Bob-Waksberg définit comme "une exploration et une critique de la masculinité toxique", qu’il déconstruit avec justesse et au vitriol. Son héros éponyme excuse d’abord son propre sexisme par un tempérament dépressif et autodestructeur, mais la série ne le laisse pas s’en tirer à si bon compte, et souligne la nécessité de trouver le courage d’explorer ses propres failles.

4. Au-delà du meilleur ami gay

"Je ne sais même pas quelle case cocher sur les formulaires de crime haineux", déplore Titus Andromedon, le sidekick de l’héroïne de "Unbreakable Kimmy Schmidt". Noir, gay et pauvre, Titus subvertit l’image lisse et souvent creuse du meilleur ami homo. Développant ses propres arcs narratifs (pas uniquement ceux dans lesquels il aide l’héroïne), Titus incarne l’un des exemples les plus nuancés de masculinité flamboyante dans une série grand public.

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