Les échecs en jeu dans "The Queen's Gambit"

©NETFLIX

Préparer son plan d’attaque dès l’ouverture: voilà une règle que "The Queen’s Gambit" a oublié d’appliquer. Mais quand l’efficacité frappe enfin, c’est avec virtuosité.

Elizabeth a 9 ans quand sa vie bascule: sans qu’elle ne comprenne trop ce qu'il lui arrive ni que quelqu’un ne se presse pour le lui expliquer, elle est placée en orphelinat après que sa mère, visiblement instable, se tue en voiture. Soumise à de nouvelles règles et accablée par le deuil, la jeune Elizabeth découvre bientôt son refuge et son don: le jeu d’échecs. Ses années au pensionnat sont en effet rythmées par les leçons clandestines que lui dispense, au sous-sol, le concierge de l’établissement. Elizabeth s’avère vite prodigieuse et démarre alors son improbable carrière internationale de joueuse d’échecs.

Bande-annonce "The Queen's Gambit"

Soyons limpides: "The Queen’s Gambit" met un temps fou à démarrer. Misant trop longtemps sur le caractère effectivement séduisant du monde particulier des compétitions d’échecs, ainsi que sur l’arc narratif vite épuisé du génie féminin en territoire masculin, la série marque un tournant subtil et judicieux en milieu de parcours. Avec des airs de "Patrick Melrose", "The Queen’s Gambit" trouve enfin son antagoniste, et donc son mordant et sa profondeur, dans l’exploration des assuétudes tentaculaires d’Elizabeth. Incarnée par Anya Taylor-Joy, remarquable, l’héroïne trouvera finalement son attrait où on ne l’attendait pas: dans la brutalité de l’échec.

"The Queen’s Gambit" (Netflix)

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Créée par Scott Frank et Allan Scott (USA|2020)

Retrouvez toutes nos chroniques dans notre dossier L'Echo des séries

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