300 œuvres réunies dans un musée-école à Redu avec Picasso, Rodin et Hergé

©MUDIA

La collection du Mudia contient des Picasso, Rodin, Giacometti. Du Hergé, du Franquin. Le tout présenté sous forme ludique. Investissement? Trois millions d’euros, sans les œuvres, évidemment.

Le collectionneur Eric Noulet a tout appris chez Procter & Gamble, où il a fait une longue carrière de cadre dirigeant dans le marketing et le lancement de nouveaux produits en Belgique et à l’étranger. "Chez Procter, je n’ai pas travaillé, j’ai appris, notamment des techniques de lancement de produits." Il a mis cette expérience au service du projet Mudia.

©BELGAONTHESPOT

Visiteur des plus grands musées du monde, il est partout frappé de les voir si souvent vides. "Trop souvent, les musées sont faits pour plaire aux conservateurs ou aux spécialistes. C’est le visiteur qui prime, c’est lui le consommateur qu’il faut attirer et satisfaire." Collectionneur dès les années 60, il comprend qu’il faut acheter à contre-courant, "à la baisse", ce qui le conduira au bon moment vers la peinture de genre hollandaise ou les impressionnistes.

Depuis dix ans, il a élaboré l’idée de "créer un musée offrant des clés pour aborder les arts". Sa fille aînée, historienne de l’art, l’a accompagné dans cette réflexion. Ces trois dernières années, il a enfin trouvé le lieu, en Province du Luxembourg, en terre ardennaise, au cœur du village de Redu, le village du livre. Comblant un manque, il a créé le Mudia (Musée didactique d’art), avec son épouse, dans un ancien presbytère du XIXe siècle, restauré par l’atelier d’architecture La Grange, et une annexe d’espaces d’exposition. Ils y ont associé des sponsors, investisseurs privés, individus ou familles qui aiment l’art et partagent leur démarche, tous européens, qui ont aussi prêté leurs œuvres.

©BELGAONTHESPOT

Un comité Mudia composé d’amateurs d’art belges et étrangers aux compétences diverses (historiens d’art, architectes, financiers…) a travaillé deux ans au concept et à la programmation, au site internet, à l’audioguide et aux outils multimédias. La collection provient des pièces du couple Noulet et de dons privés, 300 œuvres au total: Véronèse, Brueghel, Rodin, Spilliaert, Modigliani, Van Dongen, Picasso, Wouters, Giacometti, Magritte, mais aussi Hergé, Franquin, Geluck.

Trois millions hors œuvres d’art

©BELGAONTHESPOT

Le financement est entièrement privé. L’investissement, hors œuvres d’art, s’élève à 3 millions d’euros pour le bâtiment et la scénographie. Une communication commune s’agencera dans l’avenir, notamment autour de la Nuit du livre. Les demandes d’animation et d’intervention avec l’univers scolaire ne cessent de pleuvoir. Des soirées privatives, sources de recettes, sont également envisagées, des partenariats sont prévus avec l’Euro Space Center de Transinne, afin de renforcer mutuellement les flux de fréquentation. Il est prévu aussi de créer un espace d’exposition temporaire, à l’extérieur du presbytère, mais toujours dans Redu. Les questions de sécurité et d’assurances ont été relativement simples à régler, du fait du caractère privé des collections.

Tentation digitale

©BELGAONTHESPOT

Sa directrice, Karlin Berghmans, ancienne conservatrice du Musée en plein air du Sart-Tilman et shop manager au Bastogne War Museum souligne qu’"entrer dans un musée n’est pas simple pour tout le monde. Le Mudia initie le visiteur en l’amusant". Peinture, cinéma, vidéo, infographie, BD, photo, l’éclectisme de ce musée-attraction lève toute timidité, avec une soixantaine de jeux, tableaux animés, tableaux olfactifs, vidéos, jeux interactifs, quizz, jeux de réflexes, de mémoire, etc., sur quatre étages et 1.000 m², vingt salles, sept siècles d’Histoire de l’Art, du XVe au XXIe, une muséographie du scénographe Christophe Gaeta avec les meilleurs studios belges.

©BELGAONTHESPOT

Dans "Le Grand fleuve de l’art", film d’animation du studio français AmaK, un personnage numérique, mascotte du musée, Mademoiselle Mudia, entre et circule dans les œuvres qui s’inscrivent à l’écran. L’audioguide est un dialogue entre Mademoiselle Mudia et la guide. Sur le triptyque de "La Tentation de saint Antoine" (Jérôme Bosch) sur écran tactile, création de l’artiste Xavier Wielemans, du bout du doigt, une scène s’anime au toucher. C’est tout le principe du musée qui prend ainsi une autre vie.

MUDIA Place de l’Esro, 61 6890 Redu http://www.mudia.be

©BELGAONTHESPOT


Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content