Des huissiers saisissent les œuvres de l'exposition "Banksy unauthorized" à Ixelles

©Photo News

Le tribunal de l’entreprise francophone vient d'ordonner la mise sous séquestre des 58 oeuvres du "pape du street-art" exposées chaussée de Waterloo, à Ixelles.

Des huissiers de justice viennent de saisir ce jeudi en fin de journée une soixantaine d’œuvres du célèbre artiste de street-art Banksy, sur les lieux de l’ancien supermarché Delhaize de la chaussée de Waterloo, à Ixelles. Sur décision en référé du tribunal de l’entreprise francophone de Bruxelles, prononcée mercredi, ils ont placé les œuvres sous séquestres avant de les emporter en lieu sûr, le temps que se tienne un débat contradictoire, toujours devant le même tribunal.

Au total, les séquestres – une décision de justice extrêmement rare – concernent 58 œuvres de Banksy, estimées par ses ayants droit à une quinzaine de millions d’euros. Elles devaient être présentées dans une exposition nommée "Banksy Unauthorized". Il s’avère que les œuvres en question avaient un temps disparu et qu’elles ont été exploitées au mépris de la loi.

L’action a été intentée devant le tribunal par l’ASBL Strokar, responsable de Strokar Inside, un hub de culture urbaine installé depuis le mois de septembre dans l’ancien supermarché, un lieu qui se voulait temporaire, avant sa fermeture à la fin de l’année.

Strokar, dont les intérêts sont défendus par l’avocat Stanislas Eskenazi, a annoncé avoir été contactée par la société On Entertainment dont le siège social est en Allemagne. Le représentant de celle-ci s’est présenté comme envoyé par Steve Lazarides, célèbre ancien manager de Banksy et propriétaire de la plupart des œuvres de Banksy exposées. 

On Entertainment prétendait indûment être détenteur légitime des droits afin d’exposer les œuvres, parmi lesquelles la célèbre 'Girl with Balloon'. Il a conclu un accord avec Strokar pour exposer ces œuvres à Ixelles, avant que ce dernier ne se rende compte de certaines irrégularités. Les avocats de Steve Lazarides ont contacté directement Strokar afin que le nécessaire soit fait en justice.

La décision du tribunal de commerce, à laquelle L’Echo a eu accès, confirme que les œuvres litigieuses "paraissent être exposées sans l’accord des détenteurs légitimes de droits sur elles, qu’elles ne paraissent pas régulièrement assurées et qu’il y a des raisons de craindre pour leur intégrité, de sorte qu’il apparaît nécessaire de les sécuriser au plus vite".

Il s’est avéré que On Entertainment était une société qui vendait anciennement de la viande et dont les comptes sont dans le rouge. Elle avait fait transporter les œuvres en question, dans le dos de ses propriétaires, d’Istanbul à Berlin avant d’arriver à Bruxelles. Elle avait loué le lieu qui devait accueillir l’exposition, du 7 novembre au 30 décembre. Contacté, Me Eskenazi n’a pas souhaité faire de commentaire.

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