Le plasticien Rinus Van de Velde ou… Robert Rino

75.000 visiteurs au SMAK de Gand pour voir les histoires grand format de cet artiste flamand en plein décollage. ©Thomas Ost

L’artiste flamand qui explose Rinus Van de Velde expose à la Tim Van Laere Gallery (Anvers): échanges croisés avec son galeriste.

Dans la Verlatstraat, à Anvers, un camion de déménagement est garé devant l’entrée de la galerie de Tim Van Laeren. Joe et Maarten – l’un porte une casquette, l’autre un pantalon à pattes d’éléphant – déchargent des palmiers en carton et les transportent avec précaution. Ce sont des pièces décoratives qui font partie du travail de Rinus Van de Velde. La galerie ressemble à un champ de bataille. Des tapis maculés de peinture traînent sur le sol. De grands dessins au fusain s’entassent dans un coin. La galerie est remplie d’objets de décoration. Une reproduction de coffre, une demi-jungle, une baignoire pleine…

Infos pratiques

Du 7/9 au 21/10 à la Tim Van Laere Gallery.

Découvrez l'interview vidéo de Rinus Van de Velde.

Bienvenue dans le monde merveilleux de Rinus Van de Velde. Ou mieux encore, bienvenue dans le monde de Robert Rino, l’un de ses avatars. Robert Rino est un artiste américain d’art abstrait des années ’50. Il crée des céramiques et des toiles polychromes ruisselantes de peinture. Robert Rino n’existe pas vraiment. Il n’a même jamais existé. Mais il est cependant bien vivant dans la tête et dans l’atelier de Rinus Van de Velde. Van de Velde peint au fusain des scènes de la vie de Robert Rino. Pour pouvoir mieux se l’approprier, il conçoit également les décors. Il travaille donc à l’œuvre fictive d’un artiste tout aussi fictif.

C’est vous qui l’avez découvert. Comment est-ce arrivé?

Tim Van Laere, galeriste: J’ai déjà raconté cette histoire tellement de fois! Il bricolait dans la galerie. Depuis le premier jour, il n’a pas cessé une minute de poser des questions. Jusqu’à l’obsession. À chaque pause, nous parlions d’autres artistes.

Van de Velde, artiste: J’ai étudié à l’académie, mais Tim est la première personne que j’ai rencontrée qui connaissait vraiment les artistes. Qui savait comment ils vivaient et travaillaient. Je voulais tout savoir.

Pouvez-vous parler de la façon dont votre duo fonctionne?

Van de Velde: Nous nous voyons ou nous parlons tous les jours.

Van Laere: Rinus est un artiste qui a besoin de contacts humains. C’est très différent d’une personne à l’autre. Par exemple, l’artiste roumain Adrian Ghenie, que je représente également, à tendance à s’éclipser et à disparaître. Je suis une des rares personnes à savoir comment le joindre, mais je l’ai toujours laissé en paix. Heureusement, il finit toujours par refaire surface. Mon téléphone sonne tout d’un coup et nous discutons pendant trois heures d’affilée. Quand un de mes artistes termine un nouveau travail, je vais voir. Du moins s’il le demande. Je ne me rends jamais dans un atelier sans y être invité. Ce sont des lieux saints. C’est là que tout se passe. J’estime sincèrement que les artistes sont les personnes les plus importantes au monde. Lorsque nous serons tous morts et enterrés, la seule chose qui nous survivra, c’est l’art. (…)

Pourquoi trouvez-vous ennuyeux qu’on vous qualifie de dessinateur au fusain?

"Le fusain est un matériau. Il n’y a rien de mal à l’utiliser. On ne dit jamais d’un artiste qu’il est un peintre à l’huile."
Rinus Van de Velde

Van de Velde: Le fusain est un matériau. Il n’y a rien de mal à l’utiliser. On ne dit jamais d’un artiste qu’il est un peintre à l’huile.

Van Laere: Andy Warhol a produit des œuvres intéressantes avec de l’urine!

Van de Velde: Ceux qui m’appellent le ‘dessinateur au fusain’ minimisent souvent mon travail. Ces dessins constituent une partie importante de mon œuvre, mais je produis aussi des installations complètes. Des céramiques, des toiles, des décors. Tout cela fait partie de mon travail.

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