Les beaux jours de l'art en ville

©Milena Vergara Santiago

Le plasticien Angel Vergara et le curateur et critique d’art Joël Benzakin sont à la manœuvre de cette 9e édition de la Biennale d’Art contemporain du Centre culturel d’Ottignies-Louvain-la-Neuve. Son directeur, Vincent Geens, nous guide parmi les œuvres des 60 artistes belges et internationaux qui ont été choisis pour occuper exclusivement l’espace public de la ville universitaire.

"OH LES BEAUX JOURS!"

Note : 3/5 

Angel Vergara et Joël Benzakin, commissaires

Jusqu’au 10/12: www.biennale9.be

Dans "Oh les beaux jours!", qui donne son titre à cette 9e édition, Samuel Beckett, Nobel irlandais, met en scène un duo, Willie et Winnie, dans un non-lieu énigmatique. Ce jeu résume la démarche des commissaires de la Biennale 9, le plasticien belge Angel Vergara et le curateur français vivant à Bruxelles Joël Benzakin, les Willie et Winnie de la Biennale 9. Sous-titrée "Pour une esthétique des moyens disponibles", cette vaste performance réaffirme "l’art en ‘pure perte’, loin d’un art contemporain trop dépendant du secteur du luxe". Ils ont donc choisi "l’espace public comme seul espace d’intervention".

Ici, ces espaces ne sont pas des no man’s land: ils incarnent le côté face du monde beckettien, l’infinité créatrice du langage quotidien, l’extraordinaire dans l’ordinaire.

L'art de se rencontrer

Pour Vincent Geens, directeur du Centre culturel d’Ottignies-Louvain-la-Neuve, Biennale 9 transforme l’espace public en croisement entre "l’état du monde et l’état de l’art, au contact des gens d’ici", là où les citoyens vont et viennent, à toute heure du jour et de la nuit. On a même pensé à commander certaines installations sur programmateur, afin de ne pas perturber le sommeil des riverains. Ces œuvres sont des créations conjointes, où l’artiste, l’université et la population ont pris part: "70 personnes ont participé à l’œuvre mobile d’Oriol Vilanova, texte mutant repris par tous, y compris des octogénaires." D’autres ont été créées en atelier, avec profs et étudiants. "Nous avons voulu éviter la greffe artificielle d’un art contemporain intrusif."

"Nous avons voulu éviter la greffe artificielle d’un art contemporain intrusif."
Vincent Geens

"Oh les beaux jours!" vise à "contaminer la vie de la ville": pour ce faire, les lieux d’installation ont été soigneusement choisis, après des mois de travail et d’intégration. Le quartier historique du Musée L, qui ouvre le 18 novembre, occupe une place de choix.

La Biennale 9 permet des rencontres: "Au sein de l’université, les projets ont favorisé l’émulation entre départements qui ne se fréquentaient pas." Vincent Geens affectionne la concentration d’œuvres Place Ste-Barbe, les forêts fantômes de Sophie Whettnall, la pyramide comique des 200.000 chewing-gums d’Igor Antic ou l’installation de Michel Mouffe, mise en résonance de passés et de présents troublés. Les deux prochains week-ends, des performances proposeront des moments où la vie même s’exposera. La vie de la ville sera "contaminée par l’art".

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