Aimé Mpane ou l'Afrique intranquille

©(c)aime mpane/ musee-ianchelevici

Le sculpteur Aimé Mpane est mis à l'honneur pour la biennale du Musée Ianchelevici. Peintre et sculpteur par passion, il partage sa vie entre Kinshasa et Bruxelles.

Tous les deux ans depuis 2013, le Musée Ianchelevici (Mill) à La Louvière met sur le pavois un sculpteur reconnu sur le plan international et en lien avec l’œuvre prolixe léguée à la ville par l’artiste belgo-roumain Idel Ianchelevici.

Ce dernier, on l’ignore trop souvent, est l’auteur, au milieu des années 50 et à la demande expresse de l’État belge, de trois imposantes statues, jamais déboulonnées comme tant d’autres à l’Indépendance, et toujours donc bien en place sur le Mont Ngaliema à Kinshasa.

Pour cette biennale, le choix du Mill s’est porté sur le sculpteur Aimé Mpane. Peintre de formation et sculpteur par passion, Aimé Mpane, né en 1968 au Congo, partage aujourd’hui sa vie entre Kinshasa et Bruxelles où il s’est formé, notamment à La Cambre.

J’ai oublié de rêver

Au cœur de son travail de création, aujourd’hui internationalement reconnu avec des pièces exposées dans de prestigieux musées tant aux Etats-Unis qu’en Europe: l’identité du peuple noir, les dérives politiques et sociales en République Démocratique du Congo (RDC) et la détresse des populations.

©(c)aime mpane/ musee-ianchelevici

Sur le thème "J’ai oublié de rêver", Mpane déploie à La Louvière d’impressionnantes installations multi-matériaux qui mêlent à la fois les arts dits "premiers" avec des pratiques plus contemporaines, sans oublier la culture populaire avec ses objets traditionnels mais aussi divinatoires.

Un syncrétisme qui dégage une réelle émotion tant par la fragilité des œuvres présentées (bois collé ou allumettes pliées) que par le message qui s’en dégage comme par exemple pour la lutte contre la prostitution ou encore la sordide exploitation d’un Pygmée (Ota Benga) exhibé dans un zoo du Bronx au début du XXe siècle.

Petit-fils de sculpteur coutumier, fils de sculpteur, Aimé Mpane aime à se présenter à ses visiteurs comme "un éveilleur de consciences, un allumeur de réverbères intérieurs, un chaman aux prises avec l’imbroglio de nos vies atrophiées". Hugo Leblud

"J’ai oublié de rêver", Aimé Mpane, jusqu’au 11 juin au musée Ianchelevici. Du mardi au vendredi de 11 à 17h, le week-end de 14 à 18h. Rens.: 064.28.25.30, www.ianchelevici.be.

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