Publicité

Anni et Josef Albers, un couple pour la vie entre Bauhaus et Abstraction

Josef Albers, "Homage to the Square" (1976). ©The Josef and Anni Albers Foundation

Une rétrospective au Musée d’Art Moderne de Paris retrace la vie et les œuvres d’Anni et Josef Albers, couple emblématique du Bauhaus et icônes du modernisme.

C’est un véritable voyage entre l’Allemagne et les États-Unis que l’exposition "Anni et Josef Albers. L’art et la vie" qui nous invite à parcourir entre les lignes et les carreaux, les couleurs et les "méandres" de fils tissés, visibles dans plus de 350 œuvres entre peintures, photographies, meubles, dessins et textiles.

C’est l’histoire d’amour d’un couple qui pendant plus de 50 ans a partagé les mêmes convictions sans jamais cesser d’expérimenter l’art comme pratique de vie. Dans la grande rétrospective, organisée avec la Fondation Josef et Anni Albers, la commissaire Julia Garimorth illustre toutes les étapes d’une production variée et abondante commençant par une riche période formative en Europe.

La formation dans la célèbre école fondée par Walter Gropius prend fin en 1933 lorsque la montée du nazisme en décrète la fermeture.

Josef Albers (1888-1976) rencontre Annelise Fleischmann (1899-1994) à Weimar, à l’école du Bauhaus, en 1922. Il est d’abord étudiant puis professeur dans l’atelier du verre. Elle s’initie au textile et suit les cours de couleur du peintre Paul Klee. Après trois ans, ils se marient. Ils ont onze ans d’écart et des origines différentes, lui, issu d’un milieu ouvrier, elle, d’une riche famille juive. Leur envie est pourtant la même: explorer, inventer, apprendre. La formation dans la célèbre école fondée par Walter Gropius prend fin en 1933 lorsque la montée du nazisme en décrète la fermeture. C’est à ce moment que la rencontre fortuite avec l’architecte Philip Johnson les amène en Caroline du Nord pour enseigner au Black Mountain College, foyer expérimental de premier ordre grâce auquel ils peuvent introduire les principes pédagogiques du Bauhaus aux États-Unis.

Josef Albers, "Homage to the Square: Yes-Also" (1970). ©The Josef and Anni Albers Foundation

Regarder autrement

Une série de vidéos en boucle montre l’importance qu’ils accordaient au "Learning by doing", l’apprentissage par la pratique, dans lequel l’artisanat et l’art trouvent un point de contact. Josef ne parle pas un mot d’anglais, mais pour expliquer à ses premiers étudiants ce qu’il enseignera, il trouve la simplicité de trois mots: "to open eyes", ouvrir les yeux, pour regarder autrement. De manière abstraite, évidemment, jouant avec les ambigüités perceptives des rapports entre figures et fond, lignes entrelacées, variations chromatiques.

"L’art n’est pas un objet, mais une expérience."
Josef Albers
Artiste

La découverte des arts précolombiens (notamment au Mexique) influence beaucoup les recherches des années 1950: dans les "Pictorial Weavings" d’Anni, les couleurs et les motifs des anciennes civilisations se mêlent. Les tissages auparavant sans cadre deviennent des peintures abstraites où les nœuds et les trames évoquent des langages ancestraux.

Anni Albers, "From the East" (1963). ©The Josef and Anni Albers Foundation

Josef passe des "Adobe", toiles d’une géométrie essentielle inspirées des maisons en terre crue, à la célèbre suite "Homage to the Square" – 2.000 tableaux au total dont une vingtaine visibles – qui l’occupera jusqu’à la fin de sa vie. Les effets optiques sont éblouissants: ils demandent une contemplation presque spirituelle tout en questionnant la rétine, car la couleur change d’apparence selon les couleurs qui l’entourent. "L’art n’est pas un objet, mais une expérience", il faut apprendre à voir mais aussi "à sentir la vie", disait Josef.

Bande-annonce de l'exposition

"Anni et Josef Albers. L’art et la vie"

Artiste: Anni et Josef Albers

Commissaire: Julia Garimorth

Jusqu'au 9 janvier 2022

Musée d'Art Moderne à Paris

Note de L'Echo:

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés