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interview

Claire Leblanc, "C'est très important de continuer à montrer les collections du Musée d'Ixelles"

Claire Leblanc, conservatrice du Musée d'Ixelles. ©FRANCE DUBOIS

Fermé pour travaux depuis 2018, le Musée d'Ixelles multiplie les expositions hors les murs, comme cet été à Namur, pour garder le contact avec les visiteurs. Une politique qui apporte d'autres avantages stratégiques, nous dit Claire Leblanc, sa conservatrice.

Fermé depuis 2018 pour rénovation et agrandissement, et pour restructurer son entrée visiteurs, le Musée d'Ixelles devait rouvrir en 2021. Ce sera finalement au printemps 2024, explique Claire Leblanc, qui refuse de parler de retard. "On aurait pu rouvrir à l'automne mais la Commune d'Ixelles a compris qu'il fallait remettre complètement en ordre la structure globale du bâtiment, notamment tout ce qui touche à la gestion des énergies", plaide la conservatrice. "C'est un investissement supplémentaire très courageux et qui nous permettra de ne pas devoir refermer dans dix ans."

Quelle est votre stratégie pour continuer à faire vivre vos collections durant la fermeture du Musée d'Ixelles?

La stratégie est simple: c'est activer des projets hors les murs régulièrement, à l'échelle locale comme avec l'opération "Musée comme chez soi", avec les voisins du quartier, ou avec des projets plus classiques, en Belgique et à l'international. Il y a Namur actuellement avec la double exposition de nos collections, le Felixart Museum à Drogenbos et trois nouveaux projets à la rentrée. Un rythme assez soutenu jusqu'en 2022-23, puis on inversera la vapeur pour préparer la réouverture du musée, au printemps 2024. Mais que ce soit au Design Museum, à la Maison des Arts de Schaerbeek, aux Pays-Bas ou à Malaga, c'est très important de garder le contact, de continuer à montrer nos collections et de les valoriser.

À voir au TreM.a, cet été, à Namur, la sublime "Cigogne" d'Albrecht Dürer (1500-1505), dessin à la plume sur papier. ©Musée d’Ixelles

De les voir ailleurs vous donne un autre regard sur vos collections?

Ces projets hors les murs génèrent de nouvelles recherches et effectivement d’autres points de vue. Et ça, c'est intéressant: nous allons pouvoir les utiliser pour la réouverture, le catalogue, l'audioguide, l'accompagnement du visiteur. C'est très productif.

"Les effets durables de ces expositions hors les murs se font déjà sentir sur la recherche, les prêts et les coproductions à long terme."
Claire Leblanc
Musée d'Ixelles

À Namur, dans quelle direction ont été ces collaborations avec le TreM.a (le musée des Arts anciens) et le Musée Rops?

On avait déjà prévu une exposition de nos chefs-d’œuvre impressionnistes avec le Musée Rops. Le TreM.a est venu en janvier suite à un vide de programmation occasionné par le covid. Ses équipes ont choisi dans nos collections et on vite trouvé un angle très pertinent: travailler sur le donateur Léon Gauchez. Ils avaient de jeunes chercheurs actifs qui ont été mis à contribution et qui ont produit une recherche scientifique que nous n'avions jamais réussi à activer. C'était très court et intense, et le résultat est plus qu'honorable.

Avec Véronique Carpiaux, au Musée Rops, nous voulions offrir une exposition légère, sans produire de nouveaux contenus. Mais choisir des thèmes inhabituels, comme le portrait ou le voyage bourgeois, ou le lien entre Félicien Rops et l'impressionnisme, nous donnent un autre angle sur ces chefs-d’œuvre que tout le monde connaît.

Finalement qu'apportera au Musée d'Ixelles le renforcement de son réseau?

Les effets durables se font déjà sentir sur la recherche, les prêts et les coproductions à long terme. Par exemple, avec l'exposition de nos œuvres à Amsterdam, au Singer Laren, l'an prochain, un musée à l'échelle comparable à la nôtre, on sait déjà que nous allons continuer à travailler ensemble et répliquer ces opportunités dans la confiance.

Le Musée d'Ixelles, cet été, à Namur

  1. "Une promenade picturale. De Dürer à Tiepolo"
    Jusqu'au 19 septembre, au TreM.a - Musée des Arts anciens
  2. "Un été impressionniste. De Rops à Ensor"
    Jusqu'au 3 octobre, au Musée Félicien Rops

>Combiticket pour les deux expositions: 10 euros

Note de L'Echo: 4/5

Á voir au Musée Rops, "Christ apaisant la tempête" de James Ensor (vers 1906), huile sur toile marouflée sur panneau. ©Musée d’Ixelles

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