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Entre le marteau et l'enclume

La grande rotonde du Musée d'Afrique. ©BELGA/BELPRESS

Tirs croisés sur le Musée d'Afrique de Tervuren.

Sept associations d’anciens para-commandos se sont déclarées jeudi "particulièrement choquées" par la nouvelle présentation d'une des seize sculptures ornant la grande rotonde du Musée royal d’Afrique centrale, à Tervuren.

En cause, une sculpture ayant pour nom "La Belgique apportant la sécurité au Congo" désormais assortie d'une notice explicative : "Un para-commando belge à Stanleyville en 1964, lors de l'écrasement des rebelles Simba. L'indépendance formelle du Congo en 1960 est loin d'avoir sonné le glas des interventions étrangères."

Cette dernière phrase est jugée "particulièrement tendancieuse et offusquante" par les vétérans qui avaient été largués sur Stanleyville en concertation avec le gouvernement congolais pour sauver des otages européens aux mains des rebelles.

La semaine dernière, le Musée avait déjà essuyé une volée de bois vert de la part d’une trentaine d’associations de la diaspora congolaise qui se disent indignées que le Musée ait été sollicité par la Chambre pour donner son avis sur la composition de la future commission parlementaire qui planchera sur le passé colonial. Ces associations jugent le Musée "incompétent en matière de vérité, réparation, justice et restitutions post-coloniales" en raison du "sexisme, du racisme et du mépris dont fait preuve le Musée".

Les travaux de la commission parlementaire risquent fort de dégénérer en foire d’empoigne.

Voilà donc le directeur du Musée de Tervuren Guido Gryseels pris entre le marteau et l’enclume. Lui qui a pourtant été une des chevilles ouvrières de la décolonisation d’une institution qui compte aussi des membres de la diaspora parmi son personnel statutaire.

Ces tirs croisés qui s’abattent sur le Musée montrent en tout cas à quel point la question coloniale et son héritage dans la société actuelle génèrent passion, polarisation et indignation sélective. Les travaux de la commission parlementaire risquent fort de dégénérer en foire d’empoigne.

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