Europalia mélange les cultures

©Ara Güler

La 25e édition du festival consacrée à la Turquie commencera le 6 octobre et fera des allers-retours entre cultures traditionnelle et contemporaine.

"Cette 25e édition du festival Europalia sonne comme un défi tant le pays est immense et la richesse culturelle rare", annonce d’emblée Kristine De Mulder, directrice générale du festival. La Turquie est en effet le produit de multiples croisements culturels à travers 12.000 ans d’histoire. "Il a été difficile de synthétiser tout cela en un festival", ajoute le conseiller culturel principal turc, Hasan Bülent Kahraman.

Même si le festival souhaite concentrer quelque peu ses activités, du fait notamment de budgets en baisse – "comme partout", note la directrice –, il s’emploiera à proposer durant quatre mois une immersion dans la culture turque. Kristine De Mulder a d’ores et déjà annoncé que le prochain pays hôte d’Europalia, en 2017, sera l’Indonésie.

EUROPALIA ©EUROPALIA

Comme un rituel, le festival s’ouvrira le 6 octobre prochain par l’inauguration à Bozar, en présence du président de la Turquie, Recep Tayyip Erdoğan, d’une des trois expositions phares d’Europalia Turquie: "Anatolia. Terre de rituels". Vu la richesse du patrimoine turc, le professeur Marc Waelkens a préféré choisir le rituel comme fil conducteur pour parcourir 12 millénaires de cultures successives, depuis les civilisations anatoliennes jusqu’à l’empire ottoman. La culture turque sera ainsi illustrée par quelque 200 objets issus d’une trentaine de collections turques.

Le prochain pays hôte du festival Europalia, en 2017, sera l’Indonésie

Les deux autres expositions phares ont en commun la ville d’Istanbul, point de rencontre de deux continents. "Imagine Istanbul" qui se déroulera également au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles se penche sur des artistes qui ont marqué la photographie – mais aussi le cinéma, la musique et la littérature – en Turquie au cours du XXe siècle. Au centre de l’exposition, Ara Güler, légende vivante de la photo, surnommée l’œil d’Istanbul dont l’œuvre sera mise en dialogue avec le travail de jeunes générations, parmi lesquelles notamment Sophie Calle.

Deux jeunes artistes, la photographe Bieke Depoorter et l’artiste sonore Débruit, qui sont restés un mois en résidence à Istanbul participeront également à l’exposition.

La troisième exposition, présentée au Mas d’Anvers, fait le lien entre les deux villes, les deux ports (d’où son nom: "Istanbul-Anvers. Deux ports. Deux villes") qui entretiennent déjà de nombreux liens. Istanbul est la quatrième destination des navires qui quittent Anvers et les ports des deux villes viennent juste de signer un accord en matière de transit de diamants.

Pour découvrir le Bosphore et la Corne d’Or à Istanbul et la ville portuaire bordant un fleuve devenue port mondial, le Mas propose dans une scénographie originale des installations multimédia réalisées par des artistes contemporains au milieu d’objets archéologiques dont certains proviennent de Yenikapi, le plus ancien port d’Istanbul. Le parcours évoque aussi les ponts, pour Istanbul, les tunnels, pour Anvers, les navires, les chantiers navals et les docks.

Tradition et modernité

D’autres expositions s’intéresseront à l’architecture turque à travers le temps, aux artistes plasticiens contemporains, avec des regards croisés comme par exemple ceux de Ayse Erkmen et Ann Veronica Janssens, et des photographes dont Hakan Simsek qui est parti à la rencontre des immigrés de première génération.

Casque de parade période ottomane (à droite), plateau période byzantine (à gauche) et vue d’Isantbul par Ara Güler. ©Krause, Johansen

Festival multidisciplinaire, Europalia met aussi l’accent sur la musique tant traditionnelle que contemporaine. Ainsi, le percussionniste Burhan Oçal, avec Trakya All Stars, mélange sa propre tradition musicale avec d’autres genres et d’autres cultures dont le jazz et la musique classique occidentale. Dans un autre registre, Görkem Sen livre une musique expérimentale notamment au départ d’un Yaybahar, un nouvel instrument qui fait la jonction entre l’instrument à corde et corps émettant des vibrations naturelles offrant ainsi de nouvelles possibilités de jeu.

On retrouvera également des noms plus connus de ce côté du Bosphore comme Jordi Savall et Hespérion Ensemble XXI, la Fanfare du Belgistan ou le virtuose du piano Jef Neve qui rencontre NOHlab, des performeurs audiovisuels turcs pour une expérience interdisciplinaire réunissant image, son, musique et animation digitale 3D.

Au rayon scène, Europalia proposera notamment le théâtre d’ombre de Cengiz Ozek qui présente notamment des pièces contemporaines inspirées de classiques des XVIII et XIXe siècles. Même mélange des genres en danse contemporaine avec, entre autres, Melih Kiraç, interprète contemporain qui a débuté en danses folkloriques d’Anatolie.

Le volet littérature abordera également tant les auteurs classiques que contemporains et proposera notamment un dialogue entre deux auteurs de polar: Ahmet Ümit et Pascale Fonteneau. Le programme cinématographique toujours en cours de développement proposera, évidemment, des rétrospectives de réalisateurs classiques et contemporains.

Europalia Turkey du 6 octobre au 31 janvier 2016, www.europalia.eu.

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