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Fantastique Tim Walker!

Une des salles de l'exposition "Tim Walker: Wonderful Things" au Victoria and Albert Museum de Londres. ©Victoria and Albert Museum

Avec 250 photographies montrées dans une scénographie originale, "Tim Walker: Wonderful things" s’empare de C-mine.

Impressionnante, "Wonderful things" est la plus grande exposition jamais consacrée au célèbre photographe Tim Walker. Montée en 2019 au Victoria & Albert Museum (V&A) de Londres, c’est dans un décor de choix, le Bâtiment des machines du site de C-mine, qu’elle fait la première halte de sa tournée internationale, dans une scénographie librement inspirée de celle du V&A – ce qui en fait une authentique production de C-mine et confirme l’ancien site minier de Genk dans sa capacité d’inscrire des expositions internationales à l’échelle locale. "Wonderful things" sera un événement immersif incontournable. Qu’on en juge.

"Nous sommes tous de magnifiques nus."
Tim Walker
Photographe

Rétrospective, la première partie de l’exposition (une centaine de photos) montre les 25 dernières années de travail de Tim Walker dans le portrait ou la mode, où il brille particulièrement comme innovateur, ainsi que des fragments de ses courts-métrages en Super 8. Une section spéciale ("Chapel of nudes") se consacre au nu dont il revisite le genre avec excentricité et délicatesse. Car, affirme-t-il, "nous sommes tous de magnifiques nus".

Les 150 photographies de la seconde partie sont, elles, le fruit d’une immersion de plusieurs mois de Walker dans les riches et éclectiques collections du V&A. Plus de vingt objets (rassemblés dans une salle de la première partie) l’ont particulièrement fait vibrer: des vitraux, un coffret brodé, une robe d’Alexander McQueen, une immense photographie de la Tapisserie de Bayeux, un vieux film ("Sa Majesté des mouches" de Peter Brook, 1963) ou encore un jeu d’échecs, une perruque…

Exposition de "Tim Walker: Wonderful Things" à Londres

L'imagination au pouvoir

Partant des émotions suscitées par ces objets merveilleux, il déploie dix séries de photos et un film. Les thématiques visitées sont multiples: des enfants abandonnés à eux-mêmes, l’Inde mystique et ses histoires cosmiques, le nu masculin et l’érotisme homosexuel, des mannequins prenant vie au musée, des écoguerriers, la question de la liberté d’être soi-même, une impératrice se promenant la nuit avec son dragon domestique, mais aussi, en forme de film cette fois, les amours d’un soldat de plomb avec un preux chevalier… L’imagination est au pouvoir.

"Je veux tellement montrer ce que je vois en imagination que cela devient le réel et la photo que je prends devient presque un souvenir que je ramène de ce rêve."
Tim Walker
Photographe

Marqué par la mode, Walker écrit que "la photographie s’apparente pour moi au rêve. Je peux prendre en photo ce que mon imagination me laisse voir. Mais il faut pour cela que je croie, absolument, passionnément à la réalité de ce que je vois. Je veux tellement montrer ce que je vois en imagination que cela devient le réel et la photo que je prends devient presque un souvenir que je ramène de ce rêve".

©Tim Walker Studio

Pour matérialiser visuellement un tel imaginaire, l’artiste se passe de Photoshop. Fruit d’un patient travail de réflexion et d’un méticuleux travail de mise en scène, l’image n’est pas pour autant conceptuelle et reste toujours puissante, émouvante. L’artiste exploite toutes les possibilités de la photographie: cadrage au grand angle, usage d’optiques déformantes et jusqu’à l’expérimentation des ultra-violets pour l’éclairage; travail en studio – dans le dépouillement total ou au contraire dans des décors richement imaginés; photographies de portrait en intérieur; photographie en extérieur dans la campagne anglaise écrasée de soleil.

Soit un univers tour à tour sophistiqué, romantique, théâtral, extravagant et fantasque, hyper-coloré, narratif, engagé. Et qui ose tout. Tim Walker illustre de manière magistrale la puissance du médium photographique.

Exposition

"Tim Walker: Wonderful things"

♥ ♥ ♥ ♥ ♥ 

C-mine, Genk, jusqu’au 3 janvier 2021

Commissaire: Susanna Brown
Scénographie: Shona Heath et Jo Klaps

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