L'avenir de la planète se joue ce week-end à Bozar

©SEAD

À l’occasion du festival I Love Science, Bozar pose, avec "Speculative Futures", la question de notre rapport à la Terre mais aussi à l’espace au travers d’œuvres, de débats et de performances qui brisent les frontières des disciplines.

Alors que l’urgence climatique se fait de plus en plus présente et que simultanément la technologie spatiale ne cesse de se développer, les questions se font de plus en plus nombreuses et les réponses difficiles. À l’occasion de I Love Science, Bozar imagine des réponses qui ne se limitent pas à celles des scientifiques mais incluent également celles des artistes et intellectuels de différentes disciplines.

Cette rencontre transversale est exploitée par Koen Vanmechelen et "Labiomista", son œuvre créée pour l’entrée du festival. Son travail, à la croisée des chemins entre philosophie, art et science pose la question de "notre patrimoine mondial et de la façon dont nous choisissons de vivre et d’évoluer". Sa recherche consiste à proposer des pistes pour un avenir alternatif, où "l’homme n’exploiterait plus la nature et ses semblables, mais vivrait en harmonie avec eux".

Speculative Futures pousse la réflexion sur l’Anthropocène plus loin encore. L’architecte flamand Frederik De Wilde (qui vient de s’illustrer en proposant une flèche "plus noire que noire" pour Notre-Dame de Paris) s’interroge sur le sens des voyages interstellaires d’un homme qui a déjà tendance à détruire ses propres ressources. Une réflexion suivie par le projet "space farming" (photo) d’Angelo Vermeulen, biologiste, artiste et chercheur en systèmes spatiaux, qui a collaboré avec une équipe d’experts pour imaginer et concevoir différentes expériences et prototypes visant à développer la culture de plantes dans l’espace. Une façon poétique de repenser notre avenir et nos ambitions.

"Un avenir alternatif où l’homme n’exploiterait plus la nature et ses semblables, mais vivrait en harmonie avec eux."
Koen Vanmechelen
Artiste

L’espace en dehors de nos fantasmes de conquête est également un foyer poétique inimaginable tant il dépasse nos conceptions ordinaires. Bozar tente, grâce à des casques de réalité virtuelle, de nous plonger dans une expérience de ce type. Mais c’est aussi Jacques Roubaud, poète et mathématicien qui s’entretiendra avec Mélanie Godin, directrice des Midis de la Poésie, sur des questions relatives à l’univers. Ce membre de l’Oulipo (l’Ouvroir de littérature potentielle!) dont a notamment fait partie Georges Perec, parlera d’un thème cher à ce collectif historique, "la frontière entre l’émotion lyrique et le jeu mathématique".

Overview effect

L’infiniment grand et l’infiniment petit sont aussi le point focal de toute une exposition au sein de Speculative Future, "Tendencies’19". Cette exposition est basée sur une expérience dont seuls certains astronautes sont les témoins, l’"overview effect". Un effet ressenti lorsqu’on voit la Terre de loin. De la voir aussi minuscule décide l’observateur de vouloir la protéger. La notion de fragilité n’a pas été choisie au hasard par le commissaire d’exposition, Raphaël Stevens qui a notamment écrit "Comment tout peut s’effondrer?" avec le collapsologue Pablo Servigne.

Six œuvres dialoguent autour de ce thème, notamment le très poétique "Detail" de Kris Verdonck, un gigantesque rocher qui flotte lorsque le soleil brille ou encore l’œuvre sonore "Denial Sage" de Mikkel Rørbo, qui tente d’imaginer ce à quoi pourrait ressembler une vie sans nous.

Finalement, l’un des événements de ce festival sera l’œuvre "Sphères", un voyage "à la découverte des chants secrets du cosmos", car l’espace est rempli de bruits que nous pourrons découvrir grâce à des interprétations de Jane Birkin et Léa Seydoux ou Patti Smith et Jessica Chastain (pour la VO). Une façon singulière de rendre hommage à l’univers qui nous réserve encore bien des surprises.

Du vendredi 26 (dès 10h) au dimanche 28/4: www.bozar.be

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