L'Echo de Flandre | Le bric-à-brac de Laure Prouvost

Laure Prouvost dans son exposition ©SISKA VANDECASTEELE

Jusqu’au 19 mai 2019, le Muhka d’Anvers présente la première rétrospective de cette artiste française à la pensée complexe - et parfois absconse - et aux langages artistiques multiples. Un avant-goût de la Biennale de Venise.

L'exposition

"Am-Big-You-Us Legsicon"

Note: 2/5

Jusqu’au 19/5/19, au M HKA, 32 Leuvenstraat, 2000 Antwerp: GOOGLE MAP

Originaire du Nord de la France, Laure Prouvost, après des études à St-Luc Tournai, s’est installée à Londres au début des années 2000 pour étudier à la prestigieuse Central Saint Martin’s school of Art. Lauréate du Max Mara Art Prize, en 2011, elle reçoit, en 2013, le prestigieux Turner Prize, qui propulse sa carrière sur la scène internationale. La plasticienne vidéaste vient d’ailleurs d’être choisie pour représenter la France à la 58e Biennale internationale d’art contemporain de Venise, en 2019. Cette rétrospective muséale au Muhka sonde les profondeurs philosophiques de l’œuvre de Laure Prouvost et aborde la notion de communication préverbale, ainsi que son incompatibilité avec le langage. Tout un programme… En passant l’épais rideau, à l’entrée de l’exposition, on entre dans un environnement total, une sorte de labyrinthe, imbriquant recoins, salles de projections, passages, ouvertures, écrans…

©SISKA VANDECASTEELE

Et, souvent, on se retrouve dans l’envers du décor. Des installations immersives, autant visuelles que sonores, et faites de bric-à-brac où s’entremêlent nouvelles technologies et savoir-faire traditionnels. Car Laure Prouvost ne se cantonne pas à un seul genre: elle investit le dessin, la vidéo, la céramique, la photographie et même la tapisserie. On y trouve des ready-made, des œufs cassés, des déchets, des cannettes, un ballon crevé, ou encore de grandes tapisseries, des céramiques bricolées, des sculptures en fil de fer… Un voyage dans un univers imprégné de philosophie, de psychanalyse et d’écologie, qu’elle ponctue de petits panneaux noirs avec des phrases en majuscules blanches qui rythment ses installations: "Idéalement, ici il y aurait quelque chose d’indescriptible". Ou encore: "Ce signe vous a vu venir".

Dans l'atelier de Laure Prouvost

Fables contemporaines

Un voyage dans un univers imprégné de philosophie, de psychanalyse et d’écologie, qu’elle ponctue de panneaux noirs avec de phrases en majuscules.

Raconter des fables contemporaines fait partie intégrante de sa pratique artistique. Elle fait le récit d’aventures souvent fictives, comme par exemple celle de son grand-père, disparu dans un tunnel creusé sous sa maison jusqu’en Afrique, ou celle de sa grand-mère surnommée "Wantee" parce qu’elle offrait toujours du thé à ses invités. À la sortie de ce dédale plutôt loufoque, une belle perspective s’ouvre sur sa pieuvre, fontaine réalisée en partie en verre de Murano. Un avant-goût du travail qui sera présenté en mai à la Biennale de Venise en mai. Une exposition à explorer dans tous ses recoins mais qu’il semble vain de vouloir comprendre.

>Jusqu’au 19/5/19au M HKA, 32 Leuvenstraat, 2000 Antwerp: GOOGLE MAP

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