"La culture est un argument important" (Fabrice Brion)

"Ivres d’histoires" | Olivier Sonck propose une fresque littéraire sur le mur extérieur de la prison de Mons. Cette fresque est le résultat d’une série d’ateliers autour des souvenirs d’enfance réalisés d’abord avec des déte-nu(e) s et ensuite avec les voisins du centre pénitentiaire. Poignant. ©Mons 2025

Les entreprises montoises ont mis la main à la pâte pour concrétiser "L’art habite la ville", un parcours reliant une vingtaine d’œuvres à découvrir samedi.

Façozinc accueillant David Mesguich dans son entrepôt montois et fournissant l’inox qui recouvre son œuvre monumentale, tandis que le bureau d’architecture Wax réalisait l’étude de faisabilité du projet et que Startech faisait pareil pour l’"Empreinte" géante de Boris Grégoire… Autant d’actions de mécénat culturel pour réaliser ce nouveau parcours urbain qui est la marque de fabrique de Mons depuis qu’elle a été Capitale européenne de la culture en 2015. Fabrice Brion, président du Club des entreprises de la Fondation Mons 2025, revient pour L’Echo sur cette collaboration.

Les collaborations entre les entreprises et le monde culturel ou les artistes ne sont pas toujours évidentes. Comment cela s’est-il passé pour "L’art habite la ville"?

Mais très bien! On ne se pose pas comme décideur. On est là en tant que sponsor et mécène. On a confiance en la Fondation [Mons 2025, qui pilote la première biennale post-Mons 2015, NDLR] et donc, on les laisse complètement libres de leurs choix artistiques.

Depuis sa création en 2011, en vue de Mons 2015, comment a évolué le Club des entreprises?

Personnellement, je suis président de ce club depuis 2016, lorsque le conseil d’administration me l’a demandé. Mais tout a changé depuis. On est davantage dans du continu. Ils avaient prévu de clôturer fin 2015. Aujourd’hui, on a des membres et des cotisations renouvelables.

L’investissement des entreprises avait été exceptionnel, mais cet élan a semble-t-il été interrompu fin 2015. Comment vous relancer?

Parler d’une baisse d’investissement de la part des entreprises est une mauvaise interprétation des chiffres. Les gens se sont inscrits une seule fois, entre 2011 et 2015, mais aujourd’hui, nous avons des membres qui renouvellent leur participation chaque année.

Donc, il y a moins de gens, nous avons un investissement moins prestigieux, mais les membres sont fidèles et s’investissent. La dynamique est plus locale mais elle n’est pas cassée.

La culture est-elle un levier pour redynamiser le centre de Mons? Et ce festival fait-il partie de cette opération?

On est dans une région qui a subi une grande transformation depuis les années 70. On a dû former des universitaires sur Mons. Ensuite, sur l’échelle des valeurs, venait le travail. En 2000, les entreprises high-tech ont beaucoup participé au développement de l’emploi.

"Le Monstrueux" | BlancBec, artiste venant du graffiti, collabore avec les voisins pour offrir un second souffle au mur du restaurant Les Gribaumonts. À partir de formes géométriques, apparaissent une faune et une flore imaginaires. ©Mons 2025

Aujourd’hui, on veut que tous ces gens habitent à Mons. Et la culture est un argument important. C’est toute la région qui est impliquée. On parle de la région Mons-Borinage, donc, c’est une partie du centre qui est impliquée aussi et pas seulement ses abords.

Nicolas Martin (PS) semble moins sensible aux questions culturelles que ne l’était Elio Di Rupo. Il semble que sa politique de développement pour Mons soit plus axée sur le tourisme. Cela a-t-il une influence sur votre projet?

Pour notre club, le point primordial, c’est l’indépendance. Mais Nicolas Martin ne me semble pas moins enthousiaste pour la culture. En tant qu’entrepreneur, la culture est importante en termes d’attractivité. Mais attirer, c’est aussi ne pas décevoir. La sécurité ou la propreté importent tout autant. Je suis pour une politique qui se limite à ses tâches régaliennes et laisse le privé s’occuper, par exemple, de la culture.

"Je suis pour une politique qui se limite à ses tâches régaliennes et laisse le privé s’occuper, par exemple, de la culture.

Cette privatisation du secteur culturel peut poser la question de la manière dont la culture est présente dans une ville, du type de culture qui va bénéficier ou non de l’investissement.

On est de toute façon dans un système où le budget est le fait de quelques personnes. Est-ce que le choix est plus ou moins indépendant quand on fait appel à des mécènes? Personnellement, je comprends la question, mais je ne le pense pas. Je ne dis pas que l’une ou l’autre des options est meilleure ou moins bonne. Je pense que c’est simplement un fonctionnement différent, qui permet aussi de répartir les tâches entre les différents acteurs.

Inauguration ce samedi 30/3. 14h30: visites guidées au départ de Visit Mons (Grand-Place). 16h30: ateliers pour les enfants, Place du Parc. 20h00: concert d’About Urban Art au Théâtre royal. www.mons2025.eu

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