La nature morte de Jan Lauwers

©Bozar

L’expo "Silent Stories", à Bozar, fête les 30 ans de la Needcompany de l’artiste multidisciplinaire Jan Lauwers. Avec une série de photos de Dirk Braeckman: "The House of Our Fathers".

Né à Anvers en 1957, Jan Lauwers est un artiste multidisciplinaire, connu principalement pour son œuvre théâtrale. Avec sa troupe de performeurs, engagés dans la Needcompany, qu’il a fondée à Bruxelles en 1986, il parcourt le monde pour présenter ses spectacles novateurs à la construction fragmentée. "Silent Stories" est présenté à Bozar pour fêter les 30 ans de la compagnie. L’exposition englobe également des nouvelles œuvres de Dirk Braeckman, une série de photos "The House of Our Fathers".

En mai 2016, Jan Lauwers est le premier Belge à exposer au McaM, le tout nouveau musée d’art contemporain de Shanghai. C’est une partie de cette exposition, "Silent Stories", qui est actuellement visible à Bozar, jusqu’au 25 juin. Dans une salle sont réunis des éléments emblématiques des archives de Lauwers. À travers eux, l’artiste remonte le cours du temps, jusque 30 ans en arrière, quand il terminait ses études à l’Académie des Beaux-Arts de Gand. Mais pas seulement! À travers cette sorte de bazar faussement brouillon, il s’emploie à transmettre une leçon subjective de l’histoire de l’art, de la Renaissance à aujourd’hui.

©Bozar

À Bozar, le visiteur hésite à entrer dans la pièce, par crainte de souiller, en le foulant, un immense tapis représentant "Daniel dans la fosse aux lions" de Pierre Paul Rubens. Une inversion de fonction, un déplacement d’un monument de l’art, qui devient ici support des autres pièces exposées.

Ce type de retournement, l’artiste le réitère avec une série de caisses de transport. Celles-ci jonchent le sol de la salle et présentent, sur leurs surfaces extérieures, des dessins au fusain: un lapin, un renard…

À travers cette sorte de bazar faussement brouillon, Jan Lauwers transmet une leçon subjective de l’histoire de l’art.

Les installations ne sont pas dissimulées au fond des boîtes, elles émergent des profondeurs, s’offrent au regard.

Dessinées dans un style très académique, les images évoquent, pour Lauwers, la tradition européenne, mais aussi la tradition de la copie dans les ateliers de reproductions de peintures en Chine.

L’exposition "Silent Stories" rassemble des références à Dürer, Beuys, Rubens, mais aussi… Disney, en une collection fragile d’images et d’objets venus d’ici et d’ailleurs, parmi lesquels on retrouve, dans l’agencement tout personnel de l’artiste, l’histoire de l’art mise en scène, comme une nature morte monumentale.

"Silent Stories" de Jan Lauwers. Jusqu’au 25 juin, à Bozar. Note: 3/5

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