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Le KIKK n'est plus geek

©KIKK FESTIVAL

Le festival du digital et des cultures créatives décloisonne art et business, et s’ouvre au grand public dans 20 lieux de Namur.

Évoluer sur "Water", une interface tactile et visuelle donnant l’impression de se mouvoir sur et dans l’eau, au sein la cathédrale Saint-Aubain (même pendant les messes), est l’une des étonnantes possibilités que permettra le KIKK Festival, du 1er au 4 novembre, à Namur. Pour sa 8e édition les organisateurs de cet événement dédié aux cultures numériques et créatives innovent en rompant avec la réputation "geek" du festival pour le rendre accessible au grand public tout en restant fidèle à son public plus spécialisé.

Ce seront donc 45 œuvres d’art disséminées dans 20 lieux différents du centre de Namur (dont certains sont habituellement fermés au public), 50 conférenciers, des workshops pour enfants et pour adultes, un espace de démonstration et de vente de produits et même deux soirées (les 1er et 2 novembre) qui transformeront Namur en musée à ciel ouvert en posant la question de l’espèce, de la nature et de la technologie. "Le titre de cette édition, ‘Species and Beyond’, est une manière de se décentrer de l’humain pour explorer les relations entre différents systèmes, en explorant l’influence de la technologie sur la planète", explique Marie du Chastel, l’une des programmatrices du KIKK festival.

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La technologie n’est donc pas représentée par son potentiel dystopique ou dans un rapport strictement utilitaire pour l’homme. Au contraire, elle nous permet de réfléchir aux relations entre l’environnement et elle. Si la question est complexe, les œuvres sont d’une superbe simplicité poétique. Elles ont d’ailleurs été sélectionnées "afin qu’elles puissent toutes être comprises par un enfant". C’est le cas de l’œuvre "Woodpeckers", de Marco Barotti. Situés dans le Jardin des Bateliers, ces piverts électroniques, qui tapent sur des plaques de métal accrochées aux arbres, transforment en temps réel les ondes de vos téléphones en figures rythmiques.

Dans le Jardin du musée des arts décoratifs (l’un des lieux exceptionnellement ouverts au public), on pourra apprécier "Swans", une étonnante installation sonore où la musique est générée par des hybrides entre des antennes de télévision et des cygnes. Certaines créations poussent l’aspect technologique encore plus loin avec un parcours en réalité augmentée. En téléchargeant une application, il sera ainsi possible d’avoir accès à une nouvelle forme d’art, les créations par codage, qui représenteront essentiellement des organismes et micro-organismes.

©KIKK FESTIVAL

Quant à l’écosystème du festival en lui-même, les organisateurs revendiquent également son statut hybride. "Les gens ont trop tendance à catégoriser, regrette Marie du Chastel, soit on fait de l’art, soit on fait du commerce et on nous dit souvent que ça ne peut pas être de l’art si, à côté, il y a un aspect commercial. Et vice versa." En effet, en plus des œuvres et des ateliers, on trouve un espace spécialement dédié au networking, le KIKK Pro Village. Un lieu de rencontre mais aussi de réunions et d’invitations de clients où l’on croise aussi des conférenciers. Quelqu’un comme Graham McDonnell, directeur créatif, spécialisé dans la création visuelle immersive pour les marques, représente bien cette jonction entre art et commerce.

Hybride et fier de l’être

Selon les organisateurs, mélanger ces activités, c’est avant tout rester fidèle à une réalité de terrain où les créatifs travaillent pour des entreprises afin de réaliser leurs projets personnels. "Il faut penser, par exemple, au jeune designer qui a besoin de moyens et qui va rencontrer une entreprise qui sera intéressée par son travail."

Que ce soit par la question de l’espèce et de la technosphère, ou par la question du statut de l’art, les nouvelles technologies n’ont visiblement pas fini de nous obliger à ébranler nombre de nos conceptions.

Du 1er au 4/11, à Namur: www.kikk.be

La crème De la crème

En marge des workshops pour enfants et pour adultes, des espaces de démonstration et de vente de produits, 50 conférenciers sont attendus. Nous en avons épinglé deux:

1/11 (18h30) — Théâtre de Namur: Paola Antonelli curatrice au MoMA et cette année à la triennale du design à Milan, exposera (en anglais) l’influence bénéfique que peut avoir le design sur l’environnement en combinant l’art, la science et l’environnement.

2/11 (18h30) — Théâtre de Namur: Nelly Ben Hayoun, la Willy Wonka du design, encensée par le magazine Wired, évoquera (en anglais) son projet musical avec des astronautes de la Nasa et son "université de l’underground". Chaos, science et poésie s’y entremêleront.


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