Le parc d’Enghien entre terre et ciel

"Nightvision", photographie de l'artiste Maria Friberg exposée dans le parc d'Enghien.

Avec 13 artistes et plus de 20 œuvres, la 3e édition de la biennale du parc d’Enghien, intitulée "De terre et de ciel", invite à une exploration inédite du parc, joyau d’architecture paysagère.

Envie d’évasion et de sérénité? Rendez-vous au parc d’Enghien. Classé au patrimoine majeur de Wallonie, l’immense parc que les ducs d’Arenberg transformeront en fleuron, est une mosaïque de jardins, de plans d’eau et d’architectures. Ce sont ses géométries de verdures et de pierres que la biennale investit pour la troisième fois depuis 2016.

Biennale du parc d'Enghien

"Miroirs III / De terre et de ciel"

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Du 5 au 20 septembre 2020

Plus d'infos sur expo-miroirs-parc-enghien.be

Quelle est l’origine du thème de cette édition? Comme l’explique Christophe Veys, commissaire: "En se promenant sur le site, le visiteur est confronté à de nombreux points d’élévation: il y a ces moments où les arbres s’écartent pour donner des perspectives vers le ciel, il y a les édifices du parc comme la tour médiévale ou le pavillon des sept étoiles, anciennement un observatoire astronomique. Le parc offre donc ce rapport à l’horizontalité et à la verticalité, sans oublier le souterrain qui permet de descendre jusqu’aux profondeurs physiques du parc."

Les artistes

Marcel Berlanger, Lucile Bertrand, Claude Cattelain, Stijn Cole, Édith Dekyndt, Maria Friberg, Florian Kiniques, Lucie Lanzini, Caroline Le Méhauté, Jacqueline Mesmaker, Pierre Liebart, Adrien Lucca, Mountaincutters

Les artistes sélectionnés sont dès lors invités à nous faire sentir et explorer cet univers à deux pôles. De multiples manières: aux abords de la drève, une sculpture où se cacher; dans le jardin des fleurs, une photographie qui met en regard nature sauvage et nature domestiquée; dans le sous-sol des écuries, une vidéo qui invite à perdre ses repères; sur l’étang, une lunette astronomique; au sommet de la tour, un voilage qui sert de toiles de projection à des vols d’oiseaux. Mais encore: une pierre en lévitation sur le grand canal; des photographies dans la chapelle castrale; des lampes spectaculaires qui modifient notre perception de la couleur; des objets sculptés; dans le souterrain, des formes hybrides… Et pour l’occasion, le visiteur aura accès de manière exceptionnelle à l’un des plus beaux retables du XVIe siècle en bois sculpté consacré à la Sainte Vierge, anciennement présent dans la chapelle de la tour du parc.

"Aujourd’hui nous sommes dans l’impossibilité de vivre le désir d’ailleurs."
Christophe Veys
Commissaire

Le désir d'ailleurs

Parce que ces œuvres résonnent de manière particulière en cette période, signalons, de Lucile Bertrand, une sculpture de plumes dans le pavillon chinois. "Une œuvre", commente Christophe Veys, "d’une beauté stupéfiante et en même temps d’une extrême fragilité, fragilité à laquelle nous sommes actuellement confrontés." Et qui se trouve dans un pavillon témoignant d’une certaine mondialisation, d’un désir d’exotisme, "alors qu’aujourd’hui nous sommes dans l’impossibilité de vivre le désir d’ailleurs. Mais peut-être sommes-nous allés trop loin dans ce désir, sans prendre conscience de ce que tous nos voyages impliquent".

"S'alléger un peu II", de Caroline Le Méhauté

De son côté, dans son installation-performance, Claude Cattelain active des éléments de chantier, dans un double mouvement d’élévation et de retombée; mouvements à la fois répétitifs et évolutifs, avec leur point d’instabilité, qui soulignent la précarité des choses autant que la nécessité de sans cesse reconstruire.

Alors que tant d’événements artistiques sont annulés ou modifiés, cette biennale permet de jouir dans la plus grande aisance de beautés tant artistiques que naturelles. Et de goûter à la paix. À l’élévation.

Interview des commissaires

Quelles sont les spécificités de la biennale?

Myriam Louyest: La biennale fait découvrir l’art contemporain par le biais du patrimoine du parc d’Enghien. Elle veut ainsi proposer cette expérience à un large public: aussi bien le public initié que le public qui ne poussera jamais la porte d’une galerie. Bien que la sélection des œuvres soit toujours exigeante, le but est d’en faciliter l’accès. Il faut que tout le monde y trouve son compte, qu’il y ait émerveillement pour chacun. D’autre part, nous sommes une toute petite structure, ce qui nous donne beaucoup de liberté. Cette biennale est une affaire de passion exclusivement et foncièrement tournée vers l’humain, qu’il s’agisse des interactions entre les artistes ou de notre volonté de respecter le visiteur, quel qu’il soit.

D’où vient cette passion humaniste pour l’art contemporain?

Christophe Veys: L’art contemporain fait souvent peur. On a la sensation que c’est un langage auquel on n’aura jamais accès. Devant un tableau de la Renaissance, on a le sentiment d’avoir une relation plus directe. Mais que savons-nous vraiment de la vie d’un Caravage, de ce qu’il faisait ou de la façon dont il vivait son époque? Par contre, toutes les sensations qui ont fait naître les œuvres que l’on peut voir ici, je peux les partager plus directement. Donc pour moi, à l’inverse, l’art qui est le plus difficile à percevoir, c’est l’art d’une autre époque – même si bien sûr je suis aussi bouleversé par les œuvres du passé. Mais avec une œuvre contemporaine, si je suis perdu, je peux aller vers l’artiste puisqu’il est vivant.

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