Les collections invisibles du dernier des Warocqué

©Musée Royal de Mariemont

L'exposition montre des objets atypiques qui éclairent l'histoire du lieu et de sa collection, mais aussi leurs enjeux muséaux.

Le Musée de Mariemont dédie une exposition à son principal donateur, Raoul Warocqué, qui lui légua son domaine à sa mort, il y a 100 ans, ainsi que ses collections, la plupart jamais montrées.

Le 28 mai 1917, Raoul Warocqué décédait à 47 ans dans son immeuble particulier, aujourd’hui disparu, du Mont des Arts à Bruxelles. Sans la moindre descendance, cet industriel hennuyer, très fortuné, avait choisi de léguer son Domaine de Mariemont à l’État belge.

Un legs accepté en 1920 qui, outre le château et un parc d’une quarantaine d’hectares avec un arboretum unique pour sa diversité, comptait de très riches collections, éclectiques et sans cesse complétées par un Raoul Warocqué qualifié parfois de "collectionneur compulsif".

Un siècle plus tard et après un incendie qui, en 1960, ravagea en grande partie le château-musée dont les collections sauvegardées furent relogées dans un nouveau musée, inauguré au milieu du Domaine, en 1975, comment commémorer le "geste philanthropique" hors du commun de Raoul Warocqué?

"Des objets atypiques qui éclairent l’histoire du lieu et de sa collection, mais aussi leurs enjeux muséaux."
MARIE-Cécile bruwier
directrice scientifique du musée

Cette question a trouvé réponse avec la présentation, en miroir des collections permanentes, d’une septantaine de lots ou pièces qui, pour des raisons les plus diverses (redondance, fragilité, état de conservation, choix du conservateur,…) ne quittent jamais les réserves de Mariemont.

L’option qui a été prise privilégie des objets atypiques "qui éclairent l’histoire du lieu et de sa collection, mais aussi leurs enjeux muséaux", résume Marie-Cécile Bruwier, directrice scientifique du Musée.

Collectionneur compulsif

Ainsi, la série très colorée des "boutons de chapeau de mandarin" témoigne de l’unique voyage en Chine que fit Warocqué, en 1910, mandaté par le gouvernement belge pour annoncer la mort de Léopold II (1909) et l’avènement de son successeur.

Et que dire encore de cette "boîte à pilules" dont la face intérieure du couvercle et le fond accueillent des couples nus, finement sculptés dans l’ivoire et tout occupés à leurs ébats amoureux.

Avec son fichier dit de "l’Enfer", qui avait miraculeusement réchappé des flammes de l’incendie de 1960, et qui contient quelque 2.000 fiches correspondant à autant d’ouvrages (photo), cette boîte à pilules témoigne du goût prononcé, connaisseur et encyclopédique du dernier des Warocqué pour les "curiosa" et autres "erotica"…

"Des objets, souvent insolites, parfois émouvants comme des mouchoirs brodés aux initiales des Warocqué, deux petites tasses de Sèvres noircies par l’incendie qui interpellent le visiteur par leur forme, leur fonction, leur provenance ou encore leur chronologie", notent encore Anne-Françoise Rasseaux et Marie Demelenne, les deux commissaires de cette exposition.

Un catalogue qui, édité pour cette exposition-hommage par le Musée de Mariemont, conservera la trace de ces "Collections invisibles", désormais bel et bien visibles.

Jusqu’au 26 novembre: www.musee-mariemont.be

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