Les villes paisibles de François Avril

©Huberty-Breyne Gallery

"Over the window" présente les dernières créations de François Avril, qui aborde la notion du "tableau dans le tableau".

New York, Tokyo, Bruxelles ou Paris, il y a de toutes ces villes dans les tableaux de François Avril, même si la référence à Big Apple s’impose souvent du fait de la hauteur des bâtiments ou de la largeur des baies vitrées. "Ce sont des endroits qui n’existent pas, commente l’artiste, mais il y a parfois des détails du mobilier urbain qui font que l’on reconnaît une ville."

Dans ses dernières créations, François Avril aborde la notion du "tableau dans le tableau" en laissant végétaux et paysages s’insinuer sur les façades ou les bâches qui masquent les travaux d’un bâtiment. "C’est une deuxième lecture, ajoute-t-il, j’introduis un de mes tableaux dans mon tableau, comme lorsque je peins des gens qui regardent des tableaux. C’est moi jusqu’au bout."

"Over the window" semble faire la synthèse des sujets de prédilection du dessinateur et peintre: les villes et les paysages.

On reconnaît du premier regard le style épuré de l’artiste qui tend parfois vers l’abstraction. "Je reste figuratif, insiste-t-il, même sur la bâche, ce sont des rochers qui existent." Il est vrai qu’"Over the window" semble faire la synthèse des sujets de prédilection du dessinateur et peintre: les villes et les paysages, en particulier les bords de mer influencés par sa Bretagne natale. Il reconnaît avoir eu besoin d’un peu de temps pour apprivoiser la nature, parce qu’il y a trop de mouvements. Du coup, les vagues se sont retrouvées figées et les arbres transformés en volumes inertes.

François Avril

jusqu’au 21 novembre à la galerie Huberty & Breyne au Sablon à Bruxelles

02 893 90 30

 www.hubertybreyne.com.

Il s’attache à peindre des villes parce qu’il est né en ville, c’est un univers qui lui est familier. Mais la ville selon François Avril est propre et calme, nettoyée. "Je supprime des éléments parasites et en garde certains comme un appareil d’air conditionné, par exemple, qui devient un volume. Je compose le tableau un peu comme une nature morte. Je compose comme cela m’arrange, je ne suis pas tributaire de la réalité, c’est comme un jeu de cubes que je monte comme je l’entends."

©Huberty-Breyne Gallery

François Avril introduit dans ses images de villes, des paysages qui inspirent le calme. De même la voiture est absente des rues qu’il peint. "En enlevant la source du bruit, vous enlevez le bruit, dit-il. Quand on voit, on entend, il suffit de représenter un enfant qui pleure pour que l’on entende l’enfant pleurer. C’est pour cela que je représente toujours les personnages de loin, pour ne pas entendre leur conversation."

BD et abstraction

L’artiste croit d’ailleurs à la disparition, à terme, des voitures des villes et est donc enchanté d’habiter tout près du piétonnier à Bruxelles. Il ne se déplace qu’à pied ou à vélo, réservant les trajets en voiture aux voyages à Paris ou en Bretagne. Il se partage donc entre ces trois ports d’attache. "À Paris, mon atelier fait 50 m2, dès que j’ai deux toiles, je suis encombré. À Bruxelles, mon atelier fait 220 m2 avec 4,5 m de hauteur de plafond et une pièce qui fait 17 mètres de long." On peut d’ailleurs découvrir, en dessin, l’atelier de l’artiste vu depuis sa table de travail alors qu’il est en train de préparer des toiles.

©Huberty-Breyne gallery

L’exposition présente une trentaine de dessins et de toiles. Peinture et dessin sont deux disciplines différentes qu’il pratique autrement. "Une toile s’arrête net, explique l’artiste, et je suis très attaché à la composition. Sur le papier un trait de plus ou un trait de moins avec le blanc tournant, ça passe, sur une toile non. De plus, le dessin est plus libre mais en contrepartie, il faut parfois tracer à la règle pour bien le structurer."

Si François Avril s’est fait un nom d’abord dans la bande dessinée, il évolue plus aujourd’hui dans le monde de l’art contemporain. "J’ai quitté volontairement la BD il y a 25 ans, explique François Avril. J’ai toujours un projet d’Aire Libre avec un scénario de Ted Benoît. Si je devais revenir, ce serait pour raconter ma propre histoire et il faudrait que cela apporte quelque chose à mon travail que je vois comme un héritage de la BD et de l’abstraction. Les deux mélangés."

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